Ce matin Eric Woerth, ministre du travail et des relations sociales, a présenté la très controversée réforme des retraites devant le conseil des ministres, une étape symbolique permettant de lancer les procédures parlementaires autour du texte de cette réforme qui fait couler beaucoup d’encre depuis plusieurs mois.
Le texte dont la teneur est connue depuis le 16 juin dernier, prévoit donc de reculer l'âge légal de départ à la retraite de deux ans, de 60 à 62 ans en 2018 et d’augmenter les cotisations des fonctionnaires pour les aligner sur celles des salariés du privé.
L'âge du taux plein, dit aussi âge d'annulation de la décote, sera relevé progressivement de 65 à 67 ans de 2016 à 2023.
Cette mesure constitue la pierre angulaire du projet du gouvernement pour rééquilibrer les comptes de la branche retraites, mais c’est aussi la plus contestée par les syndicats (sauf la CFE-CGC) et l'opposition.
Le gouvernement propose de maintenir la retraite à 60 ans pour les salariés qui, du fait d'une situation d'usure professionnelle constatée appelée pénibilité, ont un taux d'incapacité physique supérieur ou égal à 20%.
Les députés de l’opposition ont d’ailleurs reproché au ministre du travail de remplacer la notion de pénibilité par celle d’incapacité.
Le ministre du travail a ensuite défendu son texte devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale, précisant qu’il ne s’agissait «ni d’une réforme de droite ni une réforme de gauche.
Nous ne sommes pas dans l’idéologie, nous sommes dans le pragmatisme et la solidarité»
A Paris comme en province, les syndicats ont organisé des rassemblements unitaires cet après-midi dénonçant l’intransigeance de Nicolas Sarkozy face à ce projet de réforme, appelant à une mobilisation dès la rentrée.
A Foix, ils étaient plus d’une centaine devant les grilles de la préfecture à manifester leur mécontentement.
Les représentants de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa) ont annoncé qu’ils allaient poursuivre leur action tout au long du processus législatif «car rien n’est irrémédiable et nous sommes bien déterminés à obliger le gouvernement à faire machine arrière» a indiqué Christophe Couderc secrétaire départemental de la CGT.
Une délégation de l’intersyndicale a été reçue à 18h par Laurent Vignaud, directeur des services du cabinet. Ils lui ont remis une motion et plus de 5000 signatures pour le préfet de l’Ariège.
Les militants procéderont cet été à une distribution massive de tracts visant à expliquer cette réforme qu’ils considèrent comme la «plus injuste d’Europe»
D’ores et déjà une action de sensibilisation est prévue lundi prochain à Pamiers avant le départ du Tour de France et une nouvelle journée de grève et de manifestation est décidée pour le 7 septembre à 10h place Milliane au moment même où s’ouvrira l’examen du projet de loi au parlement…
Un sujet dont on n’a pas fini d’entendre parler.
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