Il y a quelques jours à peine le «Journal du Dimanche» publiait la liste des 54 établissements menacés de fermeture pour cause d’activité insuffisante.
Parmi eux le site de Saint Girons avec le centre hospitalier d’Ariège Couserans (CHAC) sur lequel planerait un risque de fermeture du service chirurgie.
Quant au centre hospitalier du Pays d’Olmes (CHPO) dont le plateau technique accueille entre 1700 et 1800 séjours par an, il souffre de la démographie médicale en milieu rural.
Les médecins partent à la retraite sans pouvoir être remplacés et depuis plusieurs mois une menace plane sur le bloc opératoire.
Un alibi quantitatif dénoncé par le syndicat CGT au cours d’une conférence de presse ce jeudi dénonçant «une politique du rendement» qui se fait au détriment de la santé du patient.
Autour de la table, Christophe Couderc, délégué départemental, Cécile Pomiès responsable de l’action sociale, Gabrielle Pousse du CHPO, Jacques Gomès du CHIVA (centre hospitalier du Val d’Ariège) et Yvan Dupont du CHAC.
Justement le CHAC, auréolé par sa très bonne position (14e place sur plus de 219 centres hospitaliers) dans le palmarès des établissements les plus sûrs de France, voit aujourd’hui son service chirurgie et sa maternité en sursis.
«Nous sommes passés de 1285 séjours en 2008 à 1423 en 2009, ce qui montre une évolution due à la compétence de notre personnel et à l’augmentation de l’offre de soin dans le Couserans qui réussit à fidéliser les patients.
Pourtant notre activité est menacée et nous sommes inquiets pour l’avenir de notre structure» explique Yvan Dupont.
«Il y a quelques années la mobilisation du personnel et des usagers nous avait permis de préserver notre maternité et le CHAC avait été classé à l’époque zone d’exception géographique [...] aujourd’hui si nous fermons la chirurgie, la maternité suivra !»
Une nouvelle grille de lecture qui menace de fermeture des hôpitaux pratiquant moins de 1500 actes de chirurgie par an*, et une priorité donnée aux communautés hospitalières de territoire c’est -à-dire aux établissements qui acceptent de se mettre en réseau, création des agences régionales de santé (ARS) pour décliner au niveau régional la politique de l’Etat en matière de santé.
La réforme menée par Roselyne Bachelot est loin de faite l’unanimité car selon les syndicats «au prétexte de simplifier le parcours de santé des patients et développer la qualité et la sécurité du système de santé, les inégalités des territoires se creusent»
Xavier Chastel, directeur de l’ARS en visite le mois dernier au CHPO (Centre Hospitalier du Pays d’Olmes) a exposé les objectifs de cette réforme, «peu convainquant» pour Gabrielle Pousse.
«Avec l’installation de communautés hospitalières de territoire, il n’y a qu’une seule commission médicale d’établissement pour élaborer un projet commun de territoire […]
L’ARS laisse la responsabilité de l’offre de soins aux médecins qui peuvent maintenir, développer ou supprimer cette offre […]
A ce jour une partie de la communauté médicale n’a pas une réelle volonté de s’impliquer dans un projet commun. De plus nous avons un réel problème de recrutement en milieu rural»
Pour la CGT le maintien des trois sites est nécessaire, «ils doivent travailler en complémentarité pour une offre de soin équitable sur tout le territoire, quitte à bousculer les comportements individualistes […]
L’installation d’une communauté hospitalière de territoire n’est pas une solution, l’intérêt du patient doit primer»
Les personnels sont conscients que leurs structures sont en sursis et entendent bien se mobiliser à la rentrée pour informer et sensibiliser les usagers.
«Nous avons les sites, les compétences et le personnel […] mais nous ne sommes pas dupes notre sursis est au plus de trois ans»
*la ministre de la santé se base sur le rapport de Guy Vallencien (avril 2006) membre du conseil national de la chirurgie (CNR) qui a évoqué un minimum de 2000 actes chirurgicaux pour assurer la continuité et la qualité des soins. Sachant qu’en milieu rural de nombreux praticiens des hôpitaux opèrent également dans d’autres «établissements, pour la CGT l’argument des quotas pour garantir la qualité de soins est loin de tenir la route.
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