Suite aux violences ayant suivi la mort d'un jeune homme français rom à Saint Aignan il y a quelques jours (Loir-et-Cher), le gouvernement annonçait la tenue le 28 juillet d'une réunion sur «les problèmes de comportements chez certains gens du voyage»
De quoi faire bondir les associations de défense des droits de l'homme ayant aussitôt dénoncé une «stigmatisation ethnique», allant de pair avec la désignation de «bouc émissaire» dans un contexte politique tendu pour la majorité.
En Ariège, Maryse Alice Gargaud a aussi été choquée par ces déclarations, «s'il y a eu un délit, il faut que les personnes concernées soient jugées pour ça. Mais pas plus. Ce n'est qu'un fait divers» précise-t-elle.
Chargée de la question des roms et des migrants auprès du Secours Catholique, elle travaille aux côtés des gens du voyage depuis plus de 30 ans, dans le Tarn et Garonne d'abord, puis à Toulouse et en Ariège, à travers l'association «Chave Foun Winta» (Fils du vent).
Et depuis le drame, «inutile de vous dire que l'on s'est téléphoné dans toute la France, raconte-t-elle, ça a ému l'ensemble du monde associatif concerné par la question.
De plus, j'ai parlé avec une personne qui travaille là bas et qui m'a raconté que tout le travail qui avait été fait pour tisser des ponts entre des les deux communautés est en train d'être cassé»
Ce tragique fait divers mettrait donc à jour un équilibre parfois précaire sur le terrain. Et pour Maryse Alice Gardaud, «la décision d'organiser cette réunion nous a choqué.
Mais ce qui nous a aussi dérangé, c'est que le président demande aux départements de lui signaler les endroits où il y avait des camps illégaux. Il a en fait soulevé un lièvre.
Car ce que nous lui avons renvoyé (nous les associations, en particulier la ligue des droits de l'homme et tous les collectifs), c'est que la loi n'est pas appliquée.
Donc évidemment, quand il n'y a pas d'aires d'accueil officielles, les voyageurs se mettent n'importe où»
En effet, la loi Besson oblige les communes de plus de 5000 habitants à se doter d'un terrain d'accueil, mais on constate qu'un certain nombre de mairies ne respectent pas cette règle.
De même, la responsable associative tire aussi la sonnette d'alarme face à un amalgame trop souvent fait à son gout: «à Saint-Aignan, les gens du voyage concernés sont français, parfois depuis 300 ou 400 ans.
Leur situation n'est pas la même que celle des roms, venus par exemple de Roumanie qui (bien que citoyens européens) sont encore considérés comme des étrangers.
Par exemple, pour travailler, leurs employeurs doivent payer environ 900 euros. Quel employeur serait prêt à faire ça pour engager un rom ?»
On estime qu'il y aurait en France entre 400 000 et 500 000 voyageurs (et entre 15 000 et 20 000 roms).
Et pour la responsable investie auprès de ces populations, «tout ce qui se passe en ce moment n'est pas bon. Cela ne fera qu'attiser la haine»
A savoir:
Un premier «Festival de Culture Tzigane» est organisé les 23 et 24 juillet au Château Montricoux dans le Tarn et Garonne.
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