Ce matin à la gare de Pamiers les quais sont déserts… pas de train en vue pour la poignée de passagers qui doivent se rendre à Foix ou à Toulouse pour leur travail.
La direction de la SNCF a cependant prévu des bus de substitution pour ceux qui ont la patience d’attendre.
Mouvement social oblige, le trafic est perturbé tout comme les services publics ou l’Education.
Les syndicats avaient annoncé une mobilisation sans précédent… à la mi-journée, ils étaient 450 000 manifestants dans 114 rassemblements sur l’ensemble du territoire (soit un chiffre équivalent au 24 juin).
Dans le département de l’Ariège, les syndicats ont joué l’union sacrée, c’est à l’appel de l’intersyndicale CFDT,CGT,FO,FSU, Solidaire, UNSA que plusieurs milliers de manifestants (toutes corporations confondues) se sont retrouvés ce matin place Milliane pour marquer leur désaccord face à la réforme des retraites, dont l’examen du projet de loi démarre aujourd’hui même au palais Bourbon.
Au-delà des grandes centrales syndicales, de nombreux Ariégeois sont venus grossir le cortège car il s’agit là d’une véritable réforme de société qui concerne tout le monde.
Selon un récent sondage réalisé pour France Info, 73% des Français approuvent cette journée de mobilisation syndicale; cependant l’enquête montre aussi qu’une large partie des Français semblent résignés sur le sujet.
Car pour le gouvernement, pas question de revenir sur la mesure phare de ce projet de loi, à savoir le passage de 60 à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite.
Les syndicats comptent beaucoup sur la rue pour faire bouger les lignes de ce texte et «mettre le gouvernement au pied du mur», ils attendent un geste de ce même gouvernement notamment concernant les mesures sur la pénibilité et la limite de l’âge légal: «personne ne peut résister à une pression sociale lorsqu’elle devient forte» scande Christophe Couderc au micro.
Et d’ajouter «nous ne sommes pas prêts à tirer un trait sur l’acquis de la retraite à 60 ans»
Démontant pièce à pièce l’argumentaire du gouvernement, le discours de l’intersyndicale tire à boulet rouge sur le Medef et la rhétorique reprise par les défenseurs de la réforme: «les années gagnées en espérance de vie n’ont aucune raison d’être à priori, réservées au travail salarié.
Ce serait un retour en arrière sans précédent que de suivre cette logique.
Faut-il revenir à la période où les ouvriers mouraient avant d’arriver en retraite ?»
Rappelant qu’en 2007, seulement 44% des femmes ont une retraite complète contre 86% des hommes, le secrétaire départemental de l’UD CGT crie au scandale: «le fait de repousser à 67 ans l’âge de départ à la retraite sans décote, est d’autant plus scandaleux pour elles»
Quant à la pénibilité, si l’on s’en tient au texte, cette mesure concerne les seuls salariés déclarés en incapacité de plus de 20% lors d’une visite médicale: «le gouvernement reprend, là encore, la position du Medef rejetée par tous les syndicats»
Enfin il conclut en condamnant cette réforme qui est selon l’intersyndicale «l’une des plus dures d’Europe […]
L’indexation des retraites est, en France, l’une des plus défavorables en Europe et la durée de cotisation est parmi les plus élevées en Europe.
Bref l’addition serait particulièrement salée pour les salariés en France»
Après la prise de parole, le long cortège s’est dirigé vers le centre ville.
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