Pierre Fournié (à Vicdessos), Nicole Gerona (à Tarascon) et Cécile Vergnes (pour le canton du Fossat).
Il faut bien avouer que pour trouver des représentants assumés de la majorité présidentielle aux futures élections cantonales, mieux vaut se munir d’une loupe.
Et voici les seuls candidats (3 sur 11) qui arboreront les couleurs de l’UMP les 20 et 27 mars prochain.
Au contraire, on a vu affluer sur le devant de la scène une ribambelle «d’hommes libres», arrachant les étiquettes, et pratiquant tous la même «dépolitisation» des questions locales et de l’enjeu des prochaines élections.
Même Alain Barri (déjà élu conseiller général UMP à Sainte Croix Volvestre) dit vouloir se passer de la «logistique» du parti dans sa campagne.
Gérald Sgobbo (candidat à Lavelanet) affirme par exemple que «ramener une étiquette sur la tête des candidats, ce serait essayer de fausser le débat.
La problématique est locale, elle est sur le pays d’Olmes. Et ce n’est pas avec des grandes considérations générales que l’on va faire avancer le territoire»
Même son de cloche du côté de Claude Deymier (en route pour Pamiers Ouest) qui a prévenu lors de sa présentation, «je ne suis pas le candidat de Nicolas Sarkozy.
Et je pense que ce n’est pas l’enjeu de ces élections locales [...] On vote pour des hommes et des gens de valeur»
Hubert Lopez (pour Pamiers-Est) s’affirme lui aussi indépendant des partis, «je ne suis pas un politique, je suis un élu»
Celui-ci ne nie d’ailleurs pas l’influence d’André Trigano (maire de Pamiers) dans cette manière de travailler.
«Ce n’est pas une tactique. C’est du Triganisme !» plaisantera d’ailleurs le maire de Pamiers lors du lancement de campagne de son «fils spirituel»
«Les gens votent pour des hommes pas pour des étiquettes» abondait d’ailleurs Philippe Calléja (maire de Saverdun et chef de file UMP du département) lors de la présentation de ses troupes fin novembre, justifiant ainsi le soutien de son parti à plusieurs candidats non-encartés.
Mais au delà du parcours, des aspirations et des choix personnels de chaque candidat, cet état de fait éclaire quand même d’une lueur toute particulière la politique nationale.
L’étiquette UMP (associée au bilan de Nicolas Sarkozy) porterait-elle «la poisse» lors d’élections locales?
Aurait-on peur de porter sur les épaules les derniers résultats de sondages difficiles pour le président de la république?
Certes, il faut bien avouer que militer en Ariège, terre génétiquement socialiste, n’est pas le plus facile.
Et que donc (il en va du bon sens) mieux vaut parfois éviter de brandir un étendard trop droitisant.
C’est certain, l’image d’un homme de dossiers sérieux et présent sur le terrain passe mieux.
Mais au contraire, les candidats du Parti Socialiste local eux, en profitent.
«C’est ce gouvernement là qui mène la réforme de la taxe professionnelle et des collectivités territoriales qui achèvera la décentralisation» entend-on par ci par là.
Idem sur le bouclier fiscal ou les services publics.
«Ce sont les dernières élections avant les présidentielles» a de son côté martelé Augustin Bonrepaux (président du Conseil général) lors du lancement de campagne en présence de Martin Malvy (président du Conseil régional).
Ajoutant «ces élections doivent être des élections politiques: il faut dénoncer la politique de Nicolas Sarkozy qui repose sur les injustices […]
Les candidats présentés par l’UMP veulent s’en démarquer, ils avancent masqués alors qu’en réalité ce sont des représentants de Sarkozy»
Entre la théorie du complot (ils avancent masqués) et une aérienne politique au dessus des partis, on est en droit de s’interroger.
Peut-être se sert-on de la politique nationale seulement quand ça arrange, comme d’une cerise sur un gâteau (dans un sens comme dans un autre d’ailleurs)?
Et qui sait, si le président de la république était en ce moment même auréolé de grâce dans son action, peut-être y aurait-il un peu moins d’hommes libres...
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