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Bientôt des Femmes au Conseil général en Ariège?
08/03/2011 | 20:49
© MidiNews 2011

La question parait venir d’un autre siècle. Pourtant en Ariège, les mauvaises langues pourraient sans trop de difficulté dire que le féminin du mot «candidat» s’écrit «suppléante»...

Pas d’élues dans le département, mais seulement des suppléantes. Et en France, l’Ariège (avec le Tarn-et-Garonne) détient même le record d’une assemblée 100% masculine*.

Mais les 20 et 27 mars prochains changeront peut-être la donne.

Sur 47 candidats, 13 sont des candidates (c’est moins de la moitié, mais quand même...).

Et du côté du PS, deux femmes sont en position éligible (seulement 2 sur 11, mais quand même...).

Il s’agit de Christine Téqui (canton d’Oust) et de Marie-France Vilaplana (Pamiers-Ouest).

Alors pourquoi les femmes n’ont-elles pas accès aux sièges de l’Assemblée départementale?

On dit parfois que, dans une Ariège un peu arriérée, une horde d’élus mâles feraient barrière.

Mais ce n’est pas l’avis de Jeanne Ettori, la seule femme à avoir été élue conseillère générale sur le canton de Mirepoix de 1984 à 2008.

«Je ne pense pas que les électeurs et les élus soit machistes» explique-t-elle.

Et pour celle qui est particulièrement reconnue de ses pairs mais qui préfère aujourd’hui se faire discrète, il faut plutôt aller voir du côté du renouvellement:

«Une des raisons fondamentales est que les élus en place (et qui font bien leur travail) n’ont pas décidé de partir»

Et en posant, au moment des candidatures, la question de celui qui est le mieux placé pour gagner, on ne favorise pas forcément le changement vers de nouvelles générations d’élus, qu’ils soient hommes ou femmes d’ailleurs.

Autre raison évoquée par Jeanne Ettori, «les femmes ne se précipitent pas, car elles se posent un certain nombre de questions: est-ce que je suis capable d’assurer ce poste? Est-ce que j’en aurais le temps? Est-ce un choix entre vie professionnelle, vie familiale, et vie politique ?»

Quant à son expérience dans un monde d’hommes, elle avoue ne jamais avoir souffert du fait d’être une femme.

Même si on a peut-être moins accès à certains types de dossiers, qui concernent les Travaux ou les Finances par exemple.

Il y a aussi quelques anecdotes intéressantes. Comme cet artisan qui n’avait pas respecté l’accord conclu et qui lui lance, «parce que vous savez lire un plan vous !?»

En riant, Jeanne Ettori se rappelle aussi d’un commentaire d’un conseiller général (qui devait sans doute être un compliment), «toi, on t’a toujours considérée comme un homme !»

*En France, elles sont moins de 15% dans les Conseils généraux

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 08/03/2011 | 20:49 | Lu: 11465 fois