Ce n’est pas la première fois qu’ils élèvent leurs voix pour marquer une opposition. Le problème des parcs photovoltaïques au sol par exemple les avait déjà fait bondir.
Cette fois, dès le mois de février, c’est sur le gaz de schiste que les «Parcs Naturels Régionaux de France» (PNR) ont clairement pris position.
Sept parcs sont en ce moment même concernés par des projets d’exploration du gaz de schiste (voir notre article du 14/02/11 sur la situation en Ariège).
En terme de visibilité (pour ceux qui ont parfois du mal à percevoir l’utilité d’un PNR), les derniers évènements sont intéressants.
Ils montrent qu’un Parc peut aussi être un bon moyen de pression et de lobbying sur des sujets bien précis.
Même si bien sûr, les députés, l’opinion publique en général et les collectivités locales sont aussi montés au front sur ce sujet.
Interdire l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures de roches mère dans les Parcs Naturels Régionaux. Annuler les autorisations existantes sur les périmètres des parcs. Et organiser un débat national sur l’avenir énergétique de notre société. Voilà ce que les PNR ont demandé d’une seule voix au gouvernement.
En Ariège, le PNR des Pyrénées ariégeoises s’est bien sûr solidarisé avec cette position.
Il a chargé son conseil scientifique d’étudier la question dans le contexte ariégeois.
Sachant que ce conseil scientifique est composé d’une trentaine de membres bénévoles (naturalistes, mycologues, spécialistes de l’eau, de la préhistoire, archéologues,...)
Ses conclusions seront ensuite diffusées, «pour informer le plus sérieusement possible» explique le président du parc, André Rouch.
Et pour Mathieu Cruège (le directeur), le manque de concertation «est peut-être un des éléments qui a fait réagir le réseau des Parcs. Sur les dossiers qui sont soumis à une étude d’impact, ils doivent être sollicités pour avis»
«En Ariège quand il y a eu des projets d’exploration de gaz de schiste, le parc n’existait pas encore» complète André Rouch, «mais il est normal qu’ils soient consultés»
L’intérêt pour Mathieu Cruège, «c’est de faire partie d’un réseau pour être écouté par le gouvernement»
Et d’ajouter, «cela met les décideurs devant leurs cohérences et leurs incohérences. On ne peut pas soutenir des projets protecteurs de l’environnement, et de l’autre côté, avoir d’autres projets développés en souterrain, sans concertation avec les élus et la population»
La mobilisation de certains parlementaires, associations écologistes, régions (et donc aussi des Parcs Naturels Régionaux) semble avoir porté ses fruits.
Nathalie Kosciusko-Morizet (ministre de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement) vient d’annoncer que la proposition de loi visant à interdire l'exploitation du gaz de schiste en France serait examinée en urgence à l’Assemblée Nationale au mois de mai.
Quel est le poids des Parcs Naturels Régionaux?
Ils couvrent 13% du Territoire National, sachant qu’une vingtaine de projets de parcs sont en cours d’élaboration.
Il y a 46 Parcs Naturels régionaux français, qui regroupent plus de 3900 communes, 23 régions métropolitaines et ultra maritimes, 69 départements et plus de 3 millions d’habitants.
L’Ariège a son propre parc naturel depuis 2009.
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«Permis de Foix»: l'exploration de gaz de schiste en Ariège a commencé depuis 2007
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