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Carrière de Bédeilhac: démarrage de l'enquête publique à partir du 20 octobre 2014

Vue d'une affiche d'opposants à la carrière, face à la Préfecture de l'Ariège à Foix
© midinews 2014

Après les éoliennes de Gudas, la zone d’activité du Prat Long à Tarascon, c’est au tour du projet de carrière de calcaire à Bédeilhac.

Un projet qui a fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois. Il faut bien dire que ce site d’exploitation est unique (non pas par la qualité du calcaire que l’on extrait très répandu dans la région) tant au niveau de son emplacement (à la sortie du village à moins de 100 mètres des premières maisons) que de par la nature de son emprise (le Mont Calamès, un des plus beaux sites d’escalade de la région au cœur du PNR).

Les opposants à ce projet attendent beaucoup de cette enquête publique, car c’est pour eux une occasion à saisir pour s’opposer à l’ouverture de cette carrière et au projet déposé par Denjean Ariège Granulats repreneur de l’ancienne carrière Cuminetti.

L’association ne lâchera rien
«Nous avons dépassé le stade du recours gracieux déposé fin avril, la mairie avait jusqu’à la fin juin pour nous répondre, explique un membre du bureau de l’association les Gardiens du Calamès. En plein mois d’août, le dossier du carrier a été déclaré recevable par les services de l’État! La Préfecture a ainsi demandé au tribunal administratif de nommer un commissaire enquêteur»

L’association n’en est pas restée là, un recours contentieux a été déposé dans la foulée au tribunal administratif avec les mêmes requérants: l’association les Gardiens du Calamès d’une part, le Comité Écologique Ariégeois d’autre part et une trentaine de requérants, essentiellement des habitants de la commune.

«À travers cette plainte nous voulons obtenir de la justice l’annulation des délibérations municipales autorisant la création d’une carrière dans le village». Les plaignants estiment que les élus de la commune n’ont pas été informés de tous les détails de ce projet: une délibération a été prise notamment pour attribuer à Denjean Ariège Granulats la maitrise foncière de la future carrière alors que le contrat de fortage n’avait pas encore été élaboré et sans que la parcelle soit clairement délimitée.

D’autre part les plaignants estiment que «la commune a simplement répondu aux demandes répétées de la société Denjean».

Les opposants n’ont de cesse de souligner «l’impact désastreux qu’aurait ce projet pour l’ensemble de la vallée classée zone Natura 2000 et dont la valeur environnementale constitue l’un des attraits majeurs»

«La mise en péril de l’activité touristique par la relance de la carrière est contraire à la recherche de l’intérêt communal… nous nous rappelons le temps pas si éloigné où la carrière Cuminetti fonctionnait et les nuisances que l’on supportait au niveau du bruit, de la poussière, des fissures… cela avait déjà donné lieu à une pétition et à une intervention du préfet. La réouverture de la carrière va nécessairement générer de nouvelles nuisances démultipliées par l’augmentation du tonnage».

Quoiqu’il en soit la résistance s’est organisée depuis le printemps, des banderoles fleurissent ici ou là et une pétition a déjà recueilli plus de 7000 signatures.

L’enquête publique débute à partir du 20 octobre
«L’enquête publique est le premier pas pour s’opposer à l’ouverture de la carrière de Bédeilhac et préférer notre développement local en direction du tourisme, de l’agriculture, des sports de nature, du cadre de vie… Nous sommes dans la zone du PNR avec un tel projet il y a de quoi perdre ce label. Les élus ont la mémoire courte. En 97 en laissant faire un projet autoroutier de l’A83 sur ses zones humides le marais Poitevin a perdu son précieux label de parc nature régional et il lui a fallu plus de 15 ans de reconquête pour le retrouver !» ajoute cet opposant au projet.

La boîte fonctionnelle de la préfecture: [email protected] permet aux habitants des neuf communes impactées, et aux autres, de poster des observations par voie électronique.

Et pour maintenir la mobilisation jusqu’au bout, l’association, les Gardiens du Calamès, organise le 18 octobre un rassemblement symbolique à 11h sur le parking d’escalade à Bédeilhac.


Permanence du commissaire enquêteur à la mairie de Bédeilhac-Aynat, siège de l’enquête:

Samedi 25 octobre 9h-12h
Mercredi 29 octobre 10h-12h
Samedi 8 novembre 9h-12h
Mercredi 12 novembre10h-12h
Mercredi 19 novembre10h-12h

Du 20 octobre au 21 novembre, les pièces du dossier ainsi que les informations relatives à l’avis de l’autorité administrative de l’Etat compétant en matière d’environnement resteront déposées dans les mairies de Bédeilhac-Aynat, siège de l’enquête, mais également dans les communes d’Arignac, Gourbit , Montoulieu, Quié, Rabat les Trois Seigneurs, Saurat, Surba, Tarascon/Ariège où le public pourra en prendre connaissance aux jours et heures d’ouverture habituelle des bureaux.
Laurence Cabrol | 06/10/2014 - 18:36 | Lu: 19752 fois