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Itinéraire E9: le Conseil général de l'Ariège mise toujours sur les ASF

Les conseillers généraux en scéance plénière le 20 octobre 2014
© midinews 2014

Pour sa dernière séance en tant que président de l'assemblée départementale, Augustin Bonrepaux avait tenu à inscrire à l'ordre du jour un dossier qui lui est cher: celui du projet d'itinéraire E9 ou, dit plus simplement, l'aménagement du sillon de la Route nationale 20 dans sa traversée de l'Ariège au sud de Tarascon.

Le rapport présenté ce lundi aux conseillers généraux a rappelé le principe de la participation demandée au Conseil général par l'Etat suite aux assurances exprimées par le ministre des Transports quant à l'engagement sur une expertise de faisabilité au regard du droit national et européen. Augustin Bonrepaux voulant y lire là «une prise en considération de notre demande» de prise en compte de l'aménagement global au-delà de la déviation d'Ax les Thermes.

Face à cet engagement, les conseillers généraux avaient validé en mai 2013 une participation financière à hauteur de 4,5 millions d'euros, sur un total estimé par l'Etat à 22 millions.
L'Etat persiste dans son refus de l'adossement
En parallèle, les services de l'Etat ont néanmoins persisté dans leur refus du principe d'adosser la section Tarascon/Ax à la concession des Autoroutes du Sud de la France (ASF), eu égard à la doctrine du Conseil d'Etat en la matière. Un refus qui fait dire aux élus ariégeois que rien ne sera dès lors possible.

L'expression de la nécessité de la mise en concession de la majeure partie de l'itinéraire, par adossement, a donc été remise aux voix.

«Je suis d'accord avec ce rapport mais on sent comme une sorte de découragement, relève Louis Marette (UMP). Qu'est-ce qui pourrait en effet amener l'Etat à changer de décision? Je me demande si nous avons davantage de chance d'aboutir que la dernière fois... Je ne le crois pas»
Pourquoi ce qui est possible dans l'Allier ne l'est pas en Ariège?
«Je comprends cette interrogation, sourit Augustin Bonrepaux. Sachez que nous avons fait réaliser une étude très poussée par un cabinet spécialisé qui prouve, exemple à l'appui, que l'on peut légitimement demander l'adossement et lancer dans ce cadre les travaux nécessaires. Moi, je me demande pourquoi ce qui est possible dans l'Allier avec l'itinéraire Centre Europe Atlantique ne l'est pas dans l'Ariege ?»

Et d'ajouter, nettement moins souriant, «je vois aussi une autre raison à cette position, celle de l'abandon du massif pyrénéen en matière d'infrastructures. Nous étions la semaine dernière au congrès de l'ANEM, dans les Alpes, où il y a des autoroutes partout. Chez nous, il n'y a pas d'autres projets que le nôtre en matière d'itinéraires transfrontaliers. Son intérêt va bien au-delà de notre département».

L'occasion était belle aussi pour le futur-ex président du Conseil général d'exprimer une (nouvelle) «profonde irritation par rapport aux services de l'Etat»

«N'oublions pas que cette route est nationale même si elle passe en Ariège. Pour autant, le centre de décision est désormais situé à Toulouse et nous n'avons plus aucune information sur ce dossier, même si nous avons donné l'accord pour 4,5 millions d'euros! Il faut se démener pour obtenir la moindre indication. Alors quand j'entends dire que l'on veut encore éloigner la gestion des routes départementales à la région, je crains le pire pour le suivi des dossiers ariégeois !»

Allusion non voilée à un autre sujet cher au cœur d'Augustin Bonrepaux, la réforme territoriale.

Pour l'anecdote, le rapport a été adopté à l'unanimité des vingt-deux conseillers généraux.

PB | 20/10/2014 - 19:47 | Lu: 26778 fois