Conseil général de l'Ariège: l'au-revoir d'Augustin Bonrepaux sous les applaudissements d'une salle comble

© midinews 2014
L’hémicycle de l’Hôtel du Département est comble. Ce n’est sans doute pas l’ordre du jour de cette séance plénière du Conseil général qui justifie cette affluence. La décision modificative du budget ou encore les dotations des collèges, pour importantes qu’elles soient, justifient rarement pareille mobilisation.
Même le projet d’aménagement de l’itinéraire E9 n’y aurait pas suffi (lire par ailleurs).
Les personnes présentes, élus, directeurs et agents de la collectivité, mais aussi les représentants d’administrations extérieures ou les médias, sont donc venus pour autre chose. Mais ils ont dû patienter l’intégralité de la réunion pour assister au «clou» du spectacle du jour : l’au-revoir du président Augustin Bonrepaux.
C’est presque en s’excusant qu’il a en effet repris la parole à l’issue du vote sur les questions budgétaires pour prononcer ce qui restera comme son dernier discours de Président du Conseil général.
«Je ne m’attarderai pas sur ma décision qui reste personnelle, indique-t-il non sans émotion. Cependant, je considère l’intérêt du Département car c’est la meilleure façon d’assurer la transition avec ceux qui souhaitent poursuivre au sein de cette assemblée.
Je profiterai simplement de ces instants pour vous dire le plaisir que j’ai eu à diriger cette assemblée dans sa diversité politique, mais dans son unité à défendre l’Ariège jusqu’au moindre de ses recoins»
Aujourd’hui la dette du Département de l’Ariège est de 71 €/habitant contre 653 € pour la moyenne des départements de la même strate
En fonction depuis 2001, Augustin Bonrepaux mesure le chemin accompli en plus d’une décennie par la collectivité qui a gagné des compétences au fil des années, collèges, routes, etc. Aujourd’hui, il voit poindre avec inquiétude une réforme territoriale qu’il juge «mal engagée»
Une large part de son discours a d’ailleurs été consacrée à ce sujet, davantage qu’à son bilan à la présidence du Conseil général.
«Je partage totalement l’idée de faire évoluer l’organisation actuelle. L’empilement des structures, la faible lisibilité pour le citoyen, l’impérative nécessité de ne dépenser que ce qui est juste et pertinent, commandent l’obligation de se réformer.
Avant 2012, les propositions qui ont été faites n’avaient qu’un seul objectif, stigmatiser les élus locaux et flatter l’opinion publique par une sorte de populisme primaire en affirmant vouloir réduire de moitié le nombre d’élus régionaux et départementaux.
De la même façon, je regrette que depuis le 8 avril 2014, par un emballement médiatico-politique, le seul objectif de la nouvelle réforme territoriale proposée est la suppression des assemblées départementales. Je déplore également que ne soient jamais posées de manière prioritaire les deux seules questions qui méritent de l’être : quelles économies ? Quelle qualité de service rendu à nos administrés ?
Pour ce qui concerne les économies budgétaires, les Régions ont déjà répondu. Il ne faut pas y compter. Si d’autres compétences de l’actuel Conseil général de l’Ariège devaient être démembrées et confiées aux 4, 5, 7 ou 10 intercommunalités, seraient-elles alors exercées de manière moins coûteuses ?
J’attends qu’on me le démontre, et je rappellerai qu’aujourd’hui la dette du Département de l’Ariège est de 71 €/habitant (contre 653 € pour la moyenne des départements de la même strate) et que sa capacité d’autofinancement est de 135 €/habitant»
Il n’était pas opportun que cette mission d’avenir soit portée par le doyen d’âge de cette assemblée
Avant de tirer le rideau, Augustin Bonrepaux a tenu à rappeler que s’il s’écartait s’était bien pour permettre à d’autres de préparer la suite, à d’autres de porter un projet pour le département.
«Il appartiendra aussi à la nouvelle Assemblée départementale d’engager une demande de mutualisation entre les services et/ou les intercommunalités pour rechercher l’efficience et l’efficacité dans une logique d’expérimentation que nous avons déjà appelée de nos vœux.
Dans cette idée, il faut trouver des solutions. C’est la mission qui sera confiée à la prochaine Assemblée départementale. C’est une mission d’avenir et il n’était pas opportun qu’elle soit engagée par le doyen d’âge de cette assemblée. Il va falloir expliquer à nos concitoyens, sortir des discours simplistes et réducteurs»
La fin de son allocution a été saluée par de longs applaudissements des conseillers généraux et du public présents, debout, conscients d’assister à un moment de l’histoire politique ariégeoise contemporaine.
Augustin Bonrepaux remettra officiellement sa démission au premier vice-président du Conseil général ce mardi 21 octobre au matin.
Il redeviendra alors «simple» conseiller général du canton d’Ax-les-Thermes même si, en tant que doyen de l’assemblée, c’est bien à lui que reviendra la charge de convoquer ses collègues pour la séance du lundi 3 novembre qui désignera son successeur. Rendez-vous est pris.
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