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Réforme territoriale: Alain Duran déposera un amendement contre le redécoupage des régions proposé par la droite au Sénat

Alain Duran, sénateur de l'Ariège le 28 sept 2014 à Foix
© midinews 2014

Décidément, la vie du projet de réforme territoriale n’est pas un long fleuve tranquille. À peine revenue aux commandes du Sénat, la droite a profité de l’examen en deuxième lecture de la réforme territoriale pour transformer la carte de France dessinée par l’Assemblée nationale.

Alain Duran, nouveau sénateur de l’Ariège, découvre les charmes de la schizophrénie parlementaire : il appartient en effet au rang de la majorité gouvernementale, mais siège dans l’opposition au sein de la chambre haute. Il a donc assisté en spectateur à l’exercice de redécoupage auquel s’est livrée la majorité sénatoriale.

La France, nouvellement découpée en treize régions à son arrivée au Palais du Luxembourg, s’en revient vers l’Assemblée avec quinze régions depuis que la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi l’a remaniée.

L’Alsace retrouve ainsi son autonomie et n’appartient plus à la super-région envisagée avec la Lorraine, la Champagne et les Ardennes. De même, plus proche de nous, que Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon qui se voient privées de leur union.

Au total, c’est la troisième fois que le nombre de régions varie depuis le lancement du projet de réforme. Initialement, François Hollande misait sur quatorze. L’examen de la carte à quinze régions débutera cette semaine en séance plénière au Sénat.

Alain Duran appréhende cette perspective avec philosophie. «Avec mes collègues du groupe socialiste, nous sommes derrière le gouvernement», cite l’élu ariégeois en guise de ligne de conduite.

La fusion de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon est importante
Le successeur de Jean-Pierre Bel entend également disputer la partie avec les cartes mises à sa disposition. Les sénateurs de droite veulent jouer la carte du débat. Il ne se soustraira pas.

«Concernant la fusion entre Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon qui a été rétorquée en commission au Sénat, nous allons déposer avec mes deux collègues sénateurs de l’Aude un amendement pour rappeler combien cette fusion est importante, tant au niveau de la taille économique, démographique de la nouvelle région, que dans la perspective des synergies qui pourraient être mises en place (parc naturel, canceropôle…)»

Dans sa démarche, Alain Duran espère également parvenir à «rassembler également d’autres parlementaires socialistes pour soutenir cet amendement»
 
Conscient néanmoins de la réalité de son poids et de celui de ses collègues dans le processus législatif, Alain Duran se console d’avance en rappelant que «même si la droite possède la majorité au Sénat, c’est l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot au final sur cette réforme»

Cela s’appelle du réalisme politique, mais interroge une nouvelle fois sur le véritable rôle du Sénat dans les institutions de la Ve République.

PB | 27/10/2014 - 18:56 | Lu: 24876 fois