Elections départementales en Ariège: le Parti de Gauche hausse le ton

© midinews 2014
Arno Coustié l’avait promis : pour le co-secrétaire du Parti de Gauche ariégeois, son parti ne resterait pas sans réaction suite à l’annonce du Parti Communiste, son partenaire au sein du Front de Gauche, de convoler avec Europe Ecologie Les Verts en vue des élections Départementales (lire notre article du 12/11/14).
Vendredi, la riposte a pris la forme d’une conférence de presse «mise au point» musclée au cours de laquelle les dirigeants du PG n’ont pas ménagé leurs efforts pour dire tout le bien qu’ils pensaient de l’attitude de leurs «amis»
«C’est vrai que cela a été une vraie surprise de découvrir qu’un accord avait été signé entre le PCF et EELV. Je dis bien le PCF et pas le Front de Gauche, car pour signer Front de Gauche il faut l’accord d’au moins deux de ses composantes. En l’occurrence, nous n’avons jamais participé à une quelconque discussion avec EELV», rappelle Arno Coustié en préambule*.
A ses côtés, Michel Larive, le «second» co-secrétaire, et Denis Puech, militant, soulignent que «cette décision interroge aussi sur le fonctionnement au sein même du PCF puisque dans les statuts il est prévu que ce sont les sections locales qui doivent décider de leur candidat et pas la direction»
Mais pour Michel Larive, l’important n’est pas là, «cet accord, c’est leur problème», lâche-t-il pour tenter de prendre un peu de hauteur. «Nous, ce que nous voulons c’est travailler au rassemblement des forces de gauche, pour porter nos idées et nos valeurs, pour les faire gagner»
Je veux pousser un coup de gueule…
«Cela doit se faire dans le respect de chaque entité, poursuit-il. Nous on ne crache pas sur des mains tendues, car nous sommes des gens responsables et courtois. Le PS nous propose de discuter, alors on discute. Après, il y aura accord ou pas, mais dans tous les cas, nous serons honnêtes dans notre démarche»
«Le Parti Socialiste semble vouloir travailler différemment que précédemment. Soit. Nous sommes donc ouverts aux discussions, mais resterons vigilants», confirme Arno Coustié.
Vigilants «et fermes», coupe Michel Larive qui n’a pas digéré la teneur des attaques portées à l’encontre de son camarade au cours des derniers jours. «Je veux pousser une énorme coup de gueule sur les diffamations prononcées par certains commentateurs sur internet. C’est inacceptable. Nous avons porté plainte auprès du procureur de la République et nous le ferons à chaque fois !»
«Nous, nous attaquerons un programme, mais jamais nous n’attaquerons l’homme dans ce qui fait sa nature. Cette politique là n’est pas la nôtre. Ce sont des méthodes d’un autre temps», estime-t-il, plus calmement.
Nous dénonçons cette politique à la papa !
Dans ce contexte tendu, la volonté affichée de rassembler exclut-elle désormais les Communistes et les Verts ?
«Non, on ne dit pas c’est fini, indique Arno Coustié. On regrette surtout la manière d’agir, cette méthode qui cherche d’abord à calculer les élus qui pourraient emporter trois, quatre ou cinq cantons, avant de parler d’un programme. Nous dénonçons cette façon de faire de la politique… C’est une politique à la papa, c’est la Ve République que nous voulons oublier. Nous, nous pensons déjà à la VIe République, celle où la politique commence par les idées»
Les dirigeants du Parti de Gauche n’oublient pas que ces idées devront déboucher sur un programme, qui sera lui-même porté par des candidats. Une autre problématique quand on pense au contingent théorique de 52 personnalités à identifier pour assurer une présence sur les 13 cantons, à raison de 26 candidats et 26 remplaçants.
«Nous souhaitons réellement présenter des candidats sur tous les cantons, même si on sait que cela sera difficile. Pour l’instant, nous avons environ 30 candidats potentiels, dont un tiers de femmes», reconnaît Michel Larive.
Rejetant les accusations de «jeunesse en politique» et «de naïveté», («si on ne s’intéressait qu’aux places, on saurait quoi faire pour les avoir…», glisse Arno Coustié) le Parti de Gauche affirme s’en tenir à une ligne de conduite claire: «le respect des principes, le respect des idées, le respect des hommes», répète Michel Larive.
En attendant, les fissures au sein de la maison ariégeoise Front de Gauche sont bien réelles. Combien de temps ses fondations résisteront-elles ?
*Le Front de Gauche réunit trois mouvements : le Parti de Gauche, le Parti Communiste Français et Ensemble.
dans la même rubrique
- Henri Nayrou, premier président du Conseil Départemental de l'Ariège
- Foix: l'occitan aux portes du nouveau conseil départemental
- Elections départementales en Ariège: le Rassemblement à Gauche cherche sa voie
- Pays d'Olmes: la mise en garde de Gérald Sgobbo
- Elections départementales en Ariège: un troisième tour et des questions
- Elections départementales en Ariège: les treize cantons livrent leurs vérités
- Elections départementales 2015 en Ariège: les premières réactions aux résultats du 2ème tour
- Élections départementales en Ariège: le PS l'emporte, ESA jubile, le FN prend date
- Elections départementales 2015 en Ariège: les résultats du 2ème tour
- Second tour des Elections départementales en Ariège: 44 candidats pour 22 sièges encore à pourvoir
- Canton du Val d'Ariège: le «Rassemblement à Gauche» tire sa dernière cartouche
- Elections départementales canton de Foix: les binômes PS et ESA ont sorti les calculatrices
- Elections départementales en Ariège: la nouvelle donne de «la lutte contre le Front National»
- Pays d'Olmes et Portes d'Ariège: le PS retire ses candidats pour «faire barrage au Front National»
- Elections départementales en Ariège: les enseignements et enjeux du scrutin canton par canton
- Bedeilhac: une chaîne humaine autour du Calamés pour dire non à la carrière






