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Saint-Girons: manifestation alternative contre «les violences policières»

© midinews 2014

Depuis les évènements du barrage de Sivens, des dizaines de manifestations autorisées ou non ont lieu partout en France, organisées à l’appel du collectif de la Zad du Tastet, des partis ou organisations de gauche ou encore par des groupuscules à tendance anarchiste…

Tous se sont emparés de la mort tragique de Rémi Fraisse pour dénoncer les «violences policières».

En Ariège ce fut le cas le 5 novembre à Foix, hier mercredi 20 novembre à Saint-Girons et ce le sera encore samedi dans la cité comtale.

La manifestation de Saint-Girons avait valeur de test, car il existe de fait une importante population dite alternative qui après le squat de la rue de République puis celui du Palmier, a pris ses quartiers en toute illégalité sur la friche de Lédar.

Du côté des services de l'Etat certains craignaient un point de convergence en Ariège entre les zadistes de l’aéroport Notre Dame des Landes et ceux du barrage de Sivens.
Une manifestation contre la répression policière observée de près
Hier soir à 17 h une centaine de manifestants se sont retrouvés au monument aux Morts de Saint-Girons, distribution de tracts sur la voie publique et déploiement de banderoles sur lesquelles on pouvait lire «L’État oppose, La Police tape… à qui le tour ?» «La répression n’est pas une fatalité, mais un outil pour casser nos luttes» ou encore «Rémi on ne t’oubliera pas, Stop aux violences policières».

À la marge du noyau des organisateurs (l’invitation venait du CNT, une organisation syndicale d’extrême gauche, avec parmi les attaches locales, Hervé Soula ou Dominique Masset du collectif Zad du Tastet) qui n’a pas souhaité s’exprimer, on apprend que ce mouvement «spontané» a été nourri par de récents épisodes de «violences policières»: une jeune femme qui suite à une panne de voiture aurait été aurait été frappée et conduite en cellule de dégrisement ; des gendarmes qui seraient entrés sans autorisation dans une maison occupée illicitement dans le quartier de Sierres ou dans la friche de Lédar et enfin dernièrement une personne menottée et amenée de force à la gendarmerie pour avoir collé deux affiches.

Désormais ce collectif qui se dit d’«Auto défense populaire» entend faire de la prévention puisqu’il distribue des tracts, sortes de vade-mecum de survie, donnant des indications précises «pour s’en sortir le mieux possible en cas d’intervention des forces de l’ordre»

Le cortège des manifestants s’est ensuite rendu devant la mairie de Saint-Girons et la sous-préfecture d’arrondissement ou un escadron de gendarmerie mobile était prêt à intervenir.
Une série d’actes de vandalisme sur la voie publique: l’exaspération de la population
Car depuis quelques jours on enregistre à Saint-Girons une série d'actes de malveillance.

«Le climat n’est pas bon et les habitants de la cité expriment ouvertement leur lassitude face à ce courant alternatif» indique une commerçante..

Réalisés la nuit, des graffitis sont régulièrement apposés sur les bâtiments publics ou les commerces.

«État assassin», «L’État tue, que l’État crève» ou «Flics assassins», autant de slogans qui permettent d’orienter les enquêteurs.

Cette semaine encore la sous-préfecture, la Poste, mais également de nombreuses boutiques du centre-ville ont été l’objet de ces tags.

Pour cette commerçante de la rue Villefranche, «C’est une catastrophe! Je suis allée porter plainte et ce soir après la manifestation il faudra nettoyer les trottoirs jonchés de déchets… c’est toutes les semaines à présent»

L’exaspération monte du côté de la population de la capitale du Couserans. «On devait visiter la friche de Lédar avec un porteur de projet et nous n’avons pas pu rentrer à cause des chiens.

À l’intérieur le mobilier est couvert d’inscriptions… Il faut savoir si on préfère laisser s’installer illicitement cette population exotique au détriment de chefs d’entreprises porteurs de projets et pourvoyeurs d’emplois
» s’interroge cet agent de développement économique.

Enfin pendant le week-end dernier un véhicule sérigraphié de la Police municipale stationné sur son emplacement a été dégradé avec un liquide corrosif.

Un acte que déplore François Murillo, maire de Saint Girons, car au-delà du coût du véhicule à remplacer ce sont tous ces actes d’incivilités qui émaillent toutes les semaines la ville et qui ont un coût pour la municipalité.

D’aucuns parlent d’instrumentalisation, de provocation, mais au final l’exaspération de la population monte crescendo et il sera bientôt difficile de désamorcer le cycle de la violence.

Laurence Cabrol | 21/11/2014 - 19:00 | Lu: 25553 fois