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Réouverture de la carrière de Bédeilhac-Aynat: plus de 200 opposants dans les rues de Foix

© midinews 2014

Cette manifestation organisée ce vendredi par l’association des Gardiens du Calamès avait vocation à clôturer la période de l’enquête publique, mais la préfecture a décidé de la prolonger d’une semaine supplémentaire.

Une opportunité à saisir pour les opposants à ce projet qui doit «permettre aux gens de s’exprimer et donner leur désaccord à cette réouverture de site par l’entreprise Denjean Ariège Granulat» précise Vincent porte-parole de l’association, invitant tous les Ariégeois à rester mobilisés à ses côtés.

Signe fort, la manifestation a débuté dès 9h au Conseil général de l’Ariège, décoré pour l’occasion de banderoles aux messages percutants, preuve que ce sujet sort du contexte du seul village de Bédeilhac et de la vallée de Saurat pour prendre une réelle dimension territoriale.

«Tout le monde connait cette vallée empruntée pour rejoindre le massatois par le col de Port et on vient de très loin grimper sur le Calamès», poursuit Vincent qui a été reçu avec Emmanuelle Thomas par le président du Conseil Général, Henri Nayrou.

L’heure est au dialogue
Le président du Conseil général a tout d’abord tenu à saluer le respect que les Gardiens du Calamès observent dans la conduite de leur démarche d’opposition. Il a insisté sur leur respect des règles démocratiques qui prévalent aujourd’hui dans le cadre de l’enquête publique diligentée par la Préfecture de l’Ariège.

Au cours de cet entretien, Henri Nayrou a rappelé que le Conseil général n’avait pas encore été officiellement sollicité sur ce dossier, mais qu’il participerait au débat le moment venu.

«A l’issue de l’enquête publique, le Préfet de l’Ariège engagera en effet la suite de la procédure et saisira la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites, dans sa formation «Carrières» Le Conseil général y est représenté par deux de ses conseillers généraux qui émettront alors un avis sur ce projet.

De quoi satisfaire les membres de l’association, «nous sommes dans l’écoute, le dialogue, l’échange… il est vrai que nous avons un dossier de contre-argumentaire qui montre toutes les failles de ce dossier porté par la société DAG» précise Emmanuelle, juriste de formation, à l’origine de ce dossier lourd de conséquences pour le carrier et qui risque de peser dans la balance.

Aux alentours de 11h, après un sympathique tour de ville, les manifestants se sont dirigés vers la préfecture ou une délégation (rejointe par les responsables des associations environnementales et par Alain Sutra, maire de Tarascon dont le conseil municipal vient de se prononcer contre ce projet) a été reçue par le secrétaire général.

«La préfecture nous octroie une semaine supplémentaire pour nous faire entendre, précise Vincent. Le préfet a été étonné de toutes les remarques qui sont remontées de l’enquête publique. Nous sommes heureux de voir que nous avons aussi l’écoute de la préfecture. Nous avons bon espoir d’avoir sous peu un tir de simulation permettant d’évaluer réellement l’impact de ces nuisances […] aujourd’hui on n’est plus dans la résistance, on est dans la légitimité»

«L’échange démocratique se fait dans la rue, regrette Emmanuelle. Il n’a pas pu se faire avec nos élus (la maire de Bédeilhac refuse toujours de recevoir notre collectif, tout comme Gérard Denjean responsable de DAG). Il faut cependant qu’ils entendent que nous sommes déterminés, nous irons jusqu’au bout. Nous avons lancé une procédure administrative contre les délibérations qui sont le support de ce contrat de fortage.

[...] Nous avons également saisi la commission européenne et le parlement européen par toutes les voix de droit qui seront possibles. Nous sommes déterminés, nous irons jusqu’au bout !
»

Laurence Cabrol | 21/11/2014 - 19:00 | Lu: 37477 fois