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Congrès des maires: les élus ariégeois ne sont pas si inquiets que cela

97ème congrès des maires - Parc des expositions, porte de Versailles à Paris le 24 novembre 2014
Crédit photo: Arnaud Février / AMF

Chaque année, plusieurs centaines d’élus locaux se retrouvent à l’occasion du Congrès des maires de France organisé à Paris. Depuis lundi et jusqu’à jeudi, ils se croisent nombreux au Parc des expositions de la Porte de Versailles, mais l’ambiance n’est pas forcément aux sourires.

Entre la baisse des dotations accordées par l’Etat aux collectivités locales et les incertitudes liées à la réforme territoriale, les édiles municipaux s’interrogent sur leurs capacités d’action dans les différentes interventions attendues par leurs concitoyens.

Alors que l’Association des maires et des élus de l’Ariège avoue ne pas avoir été sollicitée par un maire en colère ou inquiet, qu’en pensent les élus qui participent, cette semaine, au rassemblement national des maires de France ? Rencontre en trois questions avec deux représentants ariégeois présents à Paris.

Patrick Laffont: Il faut redonner du sens à l’action municipale
PATRICK LAFFONT, MAIRE DE LAROQUE D’OLMES DEPUIS 2014. (2654 habitants)
La baisse annoncée des dotations vous inquiète-t-elle ?
«La politique d’orientation budgétaire que je conduis avec mon équipe vise à faire des économies en essayant de redonner du sens à l’action de la municipalité. Finalement, nous allons dégager une marge de manœuvre supérieure à ce que l’Etat ne nous donnera pas.

La recette ? Réorganiser le fonctionnement, ne pas remplacer un départ en retraite, rationaliser les achats, consommer local, etc. On le fait et ça marche. Je ne suis pas naïf, je sais que l’exercice est difficile, mais nous essayons de gérer à l’euro près. Et on constate que l’on parvient à faire beaucoup avec peu. C’est une question de volonté.

De toute façon, c’est la seule façon aujourd’hui d’éviter que les gens se détournent de la politique. Ils en ont marre des belles phrases qui ne débouchent sur rien
…»

Quel regard portez-vous sur la réforme de l’organisation territoriale ?
«Je n’ai pas d’inquiétude particulière par rapport aux mesures à mettre en place dans le cadre de la réforme. Je suis plus inquiet sur les aspects de mutualisation, sur l’entente que l’on pourra mettre en œuvre avec les communes voisines. C’est là que nous allons devoir faire de gros efforts pour apaiser les rancœurs et apprendre à travailler ensemble.

Laroque est redevenue un lien indispensable entre Mirepoix et le Pays d’Olmes. C’est une situation qui a pu être négative par le passé, mais qui devient positive aujourd’hui. Nous devrons travailler dans cette dynamique positive
»

Cinq ministres au moins, sont annoncés au Congrès. Que leur demanderiez-vous si vous aviez l’occasion d’échanger avec eux ?
«Je ne leur demanderais rien, mais je leur dirais qu’il est temps d’agir, que les gens ne veulent plus de communication, ils veulent des actes ! La crise a bon dos pour expliquer les difficultés.

Je leur dirais de mettre de côté la stratégie politique et de s’impliquer avec nous plus concrètement. C’est la seule solution
»


Christine Téqui: Ce contexte budgétaire nous oblige à construire ensemble
CHRISTINE TEQUI, MAIRE DE SEIX DEPUIS 2008. (820 habitants)
La baisse annoncée des dotations vous inquiète-t-elle ?
«Clairement, la baisse des dotations est déjà effective. Nous l’avons connue l’an passé et nous avons su construire nos budgets en fonction de cet élément.

L’inquiétude se porte davantage sur l’impact que cela pourrait avoir sur notre capacité à investir. Je n’ai pas les chiffres pour 2015 donc il faut reste prudent, mais il y a une différence si la baisse est de 3 % ou si elle est de 30 %. Dans ce cas c’est l’investissement local qui en subirait les conséquences et donc les entreprises locales.

Ce contexte budgétaire nous oblige surtout à construire ensemble, cela stimule le travail intercommunal. Des projets que l’on mène seul aujourd’hui devront sans doute être portés d’une manière intercommunale pour penser autrement le territoire
»

Quel regard portez-vous sur la réforme de l’organisation territoriale ?
«Sur la réforme, je ne suis pas très inquiète pour nos mairies. On a surtout été très étonné par certaines annonces, mais le travail des parlementaires paye pour redonner de la cohérence à tout cela.

Est revenue notamment la nécessité de conserver une collectivité intermédiaire qui joue un rôle d’aménageur entre la région et les communautés de communes. On l’a toujours défendu pour les territoires ruraux qui risquent le no man’s land qui se serait créé entre les supra-régions et les communautés de communes de petite taille
»

Cinq ministres au moins, sont annoncés au Congrès. Que leur demanderiez-vous si vous aviez l’occasion d’échanger avec eux ?
«Des sous ! Non, plus sérieusement, ce n’est pas au maire de Seix de porter une question propre à sa commune. Ce n’est pas le lieu. Dans ce contexte, c’est davantage à l’association des maires de parler en notre nom à tous. D’interroger le gouvernement pour savoir comment faire autant avec moins»

PB | 26/11/2014 - 18:57 | Lu: 25073 fois