Alain Fauré, député de l'Ariège, pourquoi j'ai voté contre le redécoupage des régions
© midinews (archives)
Cela s’appelle jeter un pavé dans la mare. Mardi, en séance, Alain Fauré, député socialiste de la deuxième circonscription de l’Ariège, a choisi de ne pas suivre la voie tracée par le gouvernement en votant contre le projet de loi sur la nouveau découpage des régions.
A l’inverse de sa collègue de la première circonscription, il a donné à cette occasion une interprétation personnelle à leur petite phrase du mois d’août dernier lorsque, au cœur du psychodrame des Frondeurs, les deux parlementaires ariégeois avaient qualifié leur soutien au gouvernement de «ni godillots, ni déloyaux, mais députés socialistes»
Une ligne de conduite sur le fil du rasoir qu’Alain Fauré justifie sans hésitation dans un communiqué diffusé mercredi : «Mon vote, c’est stop à l’illisibilité de la présentation de cette grande réforme territoriale indispensable pour le pays»
On a fait d’une belle histoire un brouillon informe
Propos confirmé peu après au téléphone d’un jugement sans appel, mais imagé : «Nous nous y sommes mal pris et ça m’agace ! On a fait d’une belle histoire un brouillon informe»
Selon le parlementaire ariégeois, «le regroupement des régions, qu’il se fasse entre Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon ou Aquitaine, n’est pas le plus important. C’est la réforme territoriale qui est indispensable. Après le vote de la loi sur la constitution des grandes régions vient le moment de travailler aux compétences de ces collectivités.
Sur ce point, je resterai vigilant notamment pour nos territoires ruraux avec des Départements maintenus, dont les organisations administratives et techniques sont indispensables. Nos intercommunalités ne pourront jamais assumer cela en assurant la structuration des territoires.
Bien sûr, il faudra que ces communautés de communes soient revues, réorganisées à l’échelle du territoire en tenant compte des spécificités particulières. C’est un long travail, mais il est nécessaire»
Je n’accepterai pas n’importe quoi. Je serai un chien de garde
Sur un plan de politique politicienne, Alain Fauré se défend d’avoir pris le risque d’empêcher le vote de la loi. «Je savais que le texte passerait, mais je voulais envoyer un signal. Oui, je suis favorable au principe de réduction du nombre des régions, je l’ai d’ailleurs souvent dit, mais je le répète c’est bien la prochaine étape qui me tracasse»
«Je ne me transforme pas en un frondeur, précise-t-il comme pour devancer la question. Mais je veux que cette réforme qui accompagnera le développement de la France de demain ne se transforme pas en gâchis dans la deuxième loi qui va suivre. Là-dessus, je n’accepterai pas n’importe quoi. Je serai un chien de garde»
Les premiers aboiements résonneront donc bientôt dans l’hémicycle du Palais Bourbon.
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