Les «petits patrons» ariégeois sortent de leur réserve

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Ils avaient prévenu : la première semaine de décembre serait patronale ou ne serait pas ! Les salariés ne sont plus les seuls à manifester. Entre un rassemblement régional à Toulouse lundi ou des rencontres avec le député Alain Fauré et les services de l’Etat, les différentes composantes du patronat ont tenu à expliquer les raisons de leur ras-le-bol, vendredi matin.
UPAP, CGPME, Union Patronale, CAPEB se retrouvent ainsi derrière un mot d’ordre commun, clamé lors des manifestations. «La France a tous les atouts pour s’en sortir. Nous pouvons nous relancer, mais à une condition : faites-nous un environnement favorable et laissez-nous travailler. En résumé : libérons l’entreprise !»
Présidente de l’Union patronale Ariège-Pyrénées et représentante de la CGPME, Josiane Gouze-Fauré veut mobiliser contre les présupposés idéologiques, «Aujourd’hui, les entreprises n’ont plus confiance. Même dans les petites structures. Nous, on ne représente pas les sociétés du CAC 40», prévient-elle.
Gattaz il aime faire le buzz, nous on est au contact de la réalité
«Gattaz* il aime faire le buzz, nous on est au contact de la réalité», «Nous avons des entreprises à taille humaine», «arrêtons les amalgames», lâchent tour à tour les patrons.
Même discours du côté de Joseph Calvi, le «patron» des artisans ariégeois qui confirme «la morosité ambiante et le mal-être des petits patrons. Toutes ces politiques, de droite comme de gauche, ont verrouillé l’entreprise. L’entreprise dont parlent les politiques, je ne la connais pas ! En Ariège, 60 % des artisans sont au SMIC»
Et ce sont bien les gouvernements successifs qui sont pointés du doigt, sans volonté de politiser le débat comme le précisent les représentants rencontrés, «nous subissons aujourd’hui le fruit de trente ans d’une politique trop éloignée des réalités économiques et du pragmatisme indispensable»
«Depuis trente ans, nous avons établi un environnement de contraintes, contrôles, sanctions alors que les entreprises, pour se développer, ont besoin d’un environnement de motivation, d’accompagnement et de respect»
Dernière goutte d’eau à avoir fait déborder la coupe, le compte pénibilité accusé dans un premier temps d’introduire de nouvelles complexités dans la conduite des entreprises. «C’est une usine à gaz !», lâche Joseph Calvi, remonté.
Dans la logique de son discours engagé prononcé lors de la récente assemblée générale de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, il préfère s’en remettre aux faits.
«Au lieu de nous inventer un compte pénibilité inapplicable dans nos métiers du bâtiment, mettons-nous autour de la table et réfléchissons sérieusement aux améliorations des conditions de travail ; ça, d’accord, ça c’est intelligent et constructif»
Nous demandons la mise en œuvre du pacte de responsabilité et l’engagement pour une stabilité fiscale en 2015
En parlant de construction lui vient un autre exemple illustrant les difficultés du secteur : «Les réglementations thermiques 2012 sont des normes de construction qui font que l’on construit et que l’on isole mieux qu’avant», reconnaît Joseph Calvi qui ne peut cependant que regretter le calendrier. «Construire mieux, c’est notre objectif, cela nous convient. Sauf que ces règlements ont un impact fort sur le coût de la construction et que nos clients n’ont pas plus d’argent. Donc, on construit moins»
.
«Beaucoup d’entreprises du bâtiment sont en difficulté et doivent licencier. Certaines n’ont même plus les moyens de licencier, car même ça, ça a un coût dans notre pays», affirme-t-il désabusé.
Alors pour «libérer leurs entreprises», les petits patrons ariégeois attendent des signaux clairs, tels que «la mise en œuvre du pacte de responsabilité, la stabilité fiscale en 2015, avec l’engagement de ne créer aucune taxe ou de ne procéder à aucune modification d’assiette ou augmentation de taux»
Ces propositions, et d’autres encore, seront diffusées dans les prochains jours dans le cadre d’un manifeste qu’ils soumettront aux citoyens et aux élus, «dans un engagement commun pour relancer notre pays»
*Pierre Gattaz, président national du MEDEF
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