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La Cour des Comptes jette le trouble sur la maternité du Centre hospitalier Ariège-Couserans

Vue de l'entrée du Centre Hospitalier Ariège Couserans (CHAC) en juin 2012
© midinews (archives)

Circulez, il n’y a rien à voir ! Tel est le sentiment qui agite aujourd’hui le petit monde du Centre hospitalier Ariège Couserans à Saint-Girons qui vient pourtant de vivre une journée très agitée.

Tout est parti d’un article publié dans l’édition numérique du Figaro de jeudi soir qui rapportait les éléments d’un rapport de la Cour des Comptes sur la situation des maternités en France.

Au cœur des 200 pages du dit-rapport, au chapitre des petites maternités, apparaît le site du CHAC.

Les auteurs du document rapportent qu’aucune «visite de conformité n’a été réalisée depuis 2001» Une petite phrase qui, reprise hors de son contexte et dans un article intitulé «Les maternités qui doivent s’améliorer… ou fermer», n’a pas tardé à enflammer le landernau.

Sollicité de toute part, Robert Zonch, président du Conseil de surveillance de l’établissement a tenu à «rétablir la réalité des faits»

Robert Zonch: «Les mamans accouchent aussi bien au CHAC qu’au CHIVA ou à Toulouse»
«Dans ce rapport que j’ai examiné, la Cour des Comptes ne pointe que la soit-disante absence de visite de conformité depuis 2001, date à laquelle nous avons obtenu la dérogation des petites maternités*. Ce serait effectivement grave.

Or nous avons reçu les autorisations de l’Agence régionale de santé, la dernière en date du 27 mai 2012. Je conteste donc l’information de la Cour des Comptes.

De plus, l’ARS a salué la qualité de service et de prise en charge du service. Sur les questions de sécurité, je n’ai aucune inquiétude. Les mamans accouchent aussi bien au CHAC qu’au CHIVA ou à Toulouse
»

Du côté des hospitaliers, le docteur Michel Pichan avoue avoir «pris connaissance du sujet par les appels téléphoniques de TF1, France 3, i -Télé ou M6 dès le début de la matinée» Des sollicitations qui n’ont pas départi le président de la commission médicale du CHAC de son calme habituel.

«Il est normal que l’on s’interroge sur les conditions de sécurité d’un établissement hospitalier, mais je ne vois pas de raison de s’inquiéter,
affirme-t-il. La maternité ne court pas de risque car nous faisons ce qu’il faut pour cela»

Docteur Pichan: «Nous avons été labellisés Hôpital isolé en décembre»
Et d’expliquer : «En deçà de 300 naissances, vous devez vous mettre dans des obligations morales et professionnelles sur le personnel (nous avons deux gynécologues à temps plein, deux anesthésistes, huit sages-femmes, neuf infirmiers anesthésistes, plus que ce qui est préconisé […]

En plus nous mettons en place les formations nécessaires, les évaluations, nous avons les compétences en terme de gynécologique, de pédiatrie… Nous disposons même d’une garde sur place 24h/24 qui nous permet d’intervenir dans la minute en cas d’urgence
»

Michel Pichan porte l’estocade en rappelant une actualité récente : «Fin décembre 2014, nous avons été labellisés “Hôpital isolé” par le ministère. Ce label s’obtient en répondant à des critères d’activité, de sécurité et de qualité de prise en charge. Seuls 30 à 40 hôpitaux sont labellisés en France. Et à la différence de beaucoup d’autres, nous l’avons été sur trois services (Urgences, Chirurgie et Maternité), là où certains le sont sur un seul service !»

Henri Nayrou: «des éléments erronés dans ce rapport»
Le Conseil Général de l’Ariège par la voix de son président n’a pas tardé lui aussi à réagir. «Des éléments qui figurent dans ce rapport sont erronés» précise Henri Nayrou, actuel président du Conseil Général et ancien président du Conseil de surveillance de l’Hôpital.

«En effet poursuit-il, une visite de contrôle a bien eu lieu en 2009 diligentée par le professeur Guidicelli de Grenoble et nous avons obtenu un accord de l’ARS en mai 2012… Deux dates bien éloignées de l’année 2001 uniquement citée dans le rapport»

En somme une tempête médiatique dans un verre d’eau.

*Une maternité est qualifiée de «petite» lorsqu’elle n’enregistre pas plus de 300 naissances par an. Des dérogations de fonctionnement peuvent alors être accordées par le ministère de la Santé comme c’est le cas pour le CHAC depuis 2001, en raison de la configuration géographique du secteur et de l’habitat dispersé.

PB | 23/01/2015 - 19:26 | Lu: 28584 fois