Henri Nayrou: «La Cour des Comptes oublie de mentionner les excellentes conditions d'accueil de la maternité du CHAC»

© midinews (archives)
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Henri Nayrou ne préside plus le Conseil de surveillance du Centre hospitalier Ariège Couserans depuis la fin de l’année 2014, date de son élection à la présidence du Conseil général de l’Ariège, mais il reste très attentif à la vie de l’établissement.
La publication d’extraits du rapport de la Cour des Comptes en fin de semaine dernière pointant l’absence de visite de conformité au sein de la maternité l’a fait réagir. Tout comme le «buzz médiatique» qui s’en est suivi.
Il livre sa vérité sur cette affaire basée sur des informations qu’il qualifie «d’erronées». Et dit sa confiance en l’avenir de la maternité et, au-delà, du Centre hospitalier de Saint-Girons.
Henri Nayrou, que dit réellement ce rapport sur la maternité du CHAC ?
«D’abord, ce rapport a été commandé en 2013 à la Cour des Comptes par la présidente de la commission des affaires sociales du Sénat, la sénatrice PC de l’Isère Annie David, rapport finalement remis après l’alternance de 2014 au sénateur UDI du Pas de Calais Jean-Marie Vanlerenberghe qui a été immédiatement assailli par la presse, tellement les écrits sonnaient la charge contre les maternités sommairement qualifiées à risques sous le seul prétexte du faible nombre d’accouchements.
Sur les 220 pages donc, deux seulement parlent du CHAC. Dans la première, il est écrit que notre maternité a reçu l’avis de mise en conformité en 2001 et que, depuis cette année-là, son fonctionnement n’a jamais été contrôlé. Une affirmation qui ne pouvait que jeter le trouble et même plus.
Sur la seconde page, il est dit que l’hôpital figure dans le tableau des maternités jugées à risque sur des critères strictement comptables, c’est-à-dire sur le nombre d’accouchements en 2013. Avec 219 naissances, le CHAC est effectivement avant-dernier de la liste, mais le rapport oublie de mentionner les excellentes conditions d’accueil et de prise en charge du service»
La Haute Autorité de Santé a accrédité la maternité sans recommandation ni réserve
Les données rapportées par la Cour des Comptes sont-elles fausses ?
«Elles sont surtout incomplètes et entretiennent de fait la suspicion. Soyons clairs : la réglementation sur laquelle se base l’ARS indique que la mise en conformité ne s’attribue qu’une fois. L’ARS n’a pas obligation ensuite à organiser ces visites ; elle peut le faire. C’est différent.
Là où je conteste la teneur du rapport, c’est dans l’affirmation d’une absence de contrôle depuis quatorze ans. Dans la réalité, il y a eu trois contrôles. En 2009, une visite générale a été conduite par le professeur Guidicelli, qui est une sommité en la matière. A l’issue, il a donné un satisfecit à tous les services sensibles, dont la maternité.
Le 27 mai 2012, l’ARS a donné son accord pour que la maternité du CHAC continue de fonctionner au titre de sa dérogation “d’exception géographique”, qui s’applique aux hôpitaux situés à plus de 45 minutes d’une maternité plus importante.
Enfin et surtout, en 2013, la Haute Autorité de Santé, gardienne du temple en matière de sécurité et de qualité des soins dans les hôpitaux, a inspecté la maternité de Saint-Girons et l’a accréditée sans recommandation ni réserve. Voilà qui ne laisse aucune place à l’interprétation et à la suspicion»
Comprenez-vous les inquiétudes ressenties dans le Couserans, provoquées par la publication de ce rapport ?
«Bien sûr, mais avec Robert Zonch qui m’a succédé comme président du Conseil de Surveillance, le directoire de l’hôpital et tous les services hospitaliers, nous allons mener la bataille pour que soit reconnu le professionnalisme des équipes hospitalières, à la maternité comme dans les autres services. A cet égard, je reprendrais volontiers à mon compte le propos qu’aime tenir le Docteur Pichan : “le CHAC est utile, sûr, apprécié et cher. Utile parce qu’il dessert un territoire excentré ; sûr parce qu’il présente toutes les garanties en matière de sécurité et qualité des soins ; apprécié par les citoyens du Couserans, et cher parce que la santé a un coût et que la vie n’a pas de prix”»
Je ne vois pas comment on pourrait fermer la maternité
Craignez-vous pour la maternité du CHAC ?
«Avec le dossier dont le CHAC dispose au niveau des preuves de contrôles réguliers sur ce service ultra-sensible puisqu’on y donne la vie, avec aussi les assurances fournies par l’ARS Midi-Pyrénées qui estime que notre maternité est nettement au-dessus de tous les standards de sécurité avec ses 2 gynécologues dont la responsable du service le docteur Delchambre, ses 4 anesthésistes dont le docteur Pichan président de la CME, ses 8 sages-femmes et ses 9 infirmières couvrant aussi chirurgie et médecine, avec la satisfaction des mamans d’être dans les meilleures conditions pour accoucher, avec l’un des taux les plus élevés de naissances par rapport au territoire du Couserans, avec enfin le label d’exception géographique qui s’impose compte tenu des temps de trajet des femmes enceintes pour se rendre au CHIVA depuis Massat, Seix ou Castillon, je ne vois pas comment on pourrait fermer la maternité.
Je vois aussi et surtout que le CHAC, avec son budget de 60 millions d’euros, ses 1000 bulletins de salaire (dont 85 médecins), sa polyvalence et sa situation au cœur d’un bassin de vie piémont-montagne de près de 30 000 habitants, est un établissement qui ne mérite pas d’être ainsi mis en accusation.
Et cela ni par un organisme aussi rigoureux et prestigieux que la Cour des Comptes, ni par la presse nationale toujours prompte à condamner définitivement sans chercher à vérifier l’exactitude de ses informations, et à comprendre toutes les données d’un tel dossier. Le buzz médiatique dévaste tout sur son passage»
Quelles suites réservez-vous à cette affaire ?
«Déjà, dès vendredi, nous avons réagi en collaboration avec le directeur M. Lafage, le docteur Pichan et Robert Zonch. Ensuite, j’ai pris contact avec les tutelles. Je suis allé à la source du rapport, auprès de la Cour des Comptes, de l’ARS et du rapporteur du Sénat pour faire savoir que nous n’acceptions pas la nature de ce rapport.
Les médecins cités et le président du Conseil de Surveillance ont répondu à toutes les questions des télés, des radios et de la presse écrite. Nous étions tous en phase, car notre position est limpide.
Nous sommes tous mobilisés et nous allons nous battre afin que notre maternité ne soit pas menacée de fermeture sous le feu médiatique, que les équipes des docteurs Delchambre et Pichan soient rétablies dans leur honneur et leur grand professionnalisme, et que les futures mamans du Couserans maintiennent leur confiance au CHAC.
Nous sommes sûrs d’être dans le droit chemin, celui du besoin d’un tel service de proximité, celui du maintien de la vie dans les territoires de montagne et du respect de nos populations rurales qui ne sont pas composées de sous-citoyens»
Propos recueillis le 27 janvier 2015
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