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Elections départementales sur le canton de Haute Ariège: Daniel Géraud candidat de la liberté de parole

De gauche à droite: Brigitte Rinaudo - Daniel Géraud - Eliane Sibra - Thierry Barre

La rumeur persistante lui en prêtait l’intention depuis déjà quelques semaines. Le maire des Cabannes le confirme aujourd’hui : il sera candidat aux élections départementales sur le canton de la Haute Ariège.

Daniel Géraud se présente sous la bannière «L’Ariège Demain», aux côtés d’Eliane Sibra, conseillère municipale de la commune du Pla, et de leur remplaçant Brigitte Rinaudo et Thierry Barre, élus municipaux de Château Verdun et d’Ignaux.

Réélu en mars dernier à la tête de la commune des Cabannes, Daniel Géraud, qui se dit homme de gauche sans étiquette, a toujours revendiqué une certaine indépendance de positionnement et de parole. Ses divergences de vues avec le conseiller général sortant notamment (Christian Loubet qui ne se représente pas), ont souvent alimenté la chronique des gazettes locales.

C’est d’ailleurs dans cette logique de liberté de ton qu’il entend aujourd’hui ouvrir «un grand débat autour de la question fondamentale de l’avenir des territoires ruraux, pour permettre à chaque citoyen de s’informer, de s’exprimer, d’intervenir dans la gestion des affaires publiques, d’être un acteur à part entière de la vie intercommunale et départementale»

J’ai peur pour les Départements
Cette vie locale, Daniel Géraud l’estime en péril dans la perspective des réformes de l’organisation territoriale en débat au Parlement. «Je crois qu’un élu local doit accompagner l’aménagement du territoire le mieux possible, être un acteur de cet aménagement et des changements à venir»

«J’ai peur pour les Départements, poursuit le candidat, car les grandes Régions auront en charge le développement économique et les communautés de communes devront gérer les affaires locales, en faisant remonter à l’échelon régional leurs besoins en matière d’environnement, d’énergie, de tourisme, de tissu industriel lorsqu’il y en a encore. Le Département sera réduit à un rôle d’interface entre les communautés de communes et la Région»

L’E9 n’apportera rien à l’Ariège !
Il est aussi des sujets sur lesquels son avis tranche. C’est le cas de l’aménagement de la RN 20 vers l’Espagne, le fameux «projet E9» Daniel Géraud, rappelant son adhésion au collectif SAHA (Stop Autoroute Haute Ariège), martèle que cet «axe E9 est une étrange histoire»
 
«L’E9 n’apportera rien à l’Ariège ! Si elle se fait, elle servira uniquement au transit et contribuera à détruire le tourisme qui fait pourtant vivre la Haute Ariège. De plus, ce projet pose un certain nombre de questions : sur un plan sociétal, comment fait-on pour circuler sur une voie publique gratuite ? Ce n’est pas possible, car il n’y a pas la place de créer deux voies en parallèle ! Et sur un plan écologique, ce sera catastrophique, car on va créer un couloir à camions»

«Je m’oppose à ce projet qui serait pire que tout. Ne rien faire serait un moindre mal, estime l’élu des Cabannes. D’ailleurs, je regrette vraiment qu’il n’y ait jamais eu de vrai débat sur ce projet et que tous les élus aient rejoint sans hésitation la position du président du Conseil général de l’époque»


Sur le social, on fonctionne à boucle ouverte, sans contrôle
En cas d’élection au soir du 22 ou du 29 mars, Daniel Géraud n’ignore pas que son action de Conseiller départemental ne se cantonnera pas à la question de l’infrastructure routière en Vallées d’Ax. «Le social est un sujet important, et j’ai des idées sur ce thème», assure-t-il.

Selon lui, le département souffre de «trois handicaps : une démographie très faible, un habitat très morcelé et une population vieillissante. Cela coûte cher sur le plan social, davantage que dans un département comme la Haute-Garonne qui a de la croissance et une population active, jeune et dynamique»

Sa réponse ? «Le social doit s’exercer au plus près des populations, donc les services doivent rester tels qu’ils sont aujourd’hui. Par contre, le mode de financement doit tenir compte de la spécificité des territoires et donc être géré à la Région. C’est l’exemple du RSA qui est décidé au niveau national, mais financé au niveau du Département ; là encore, l’Ariège a plus de difficulté que la Haute-Garonne»
 
Ou encore : «Je n’oublie pas aussi les personnes qui ont des difficultés sociales pas forcément liées à l’âge. Aujourd’hui, on fonctionne la boucle ouverte : on entreprend des actions et on ne mène aucun contrôle pour corriger si besoin. C’est fait, c’est fait, si c’est pas fait c’est pareil. Il faut changer ce fonctionnement».

Pour les Départementales, ESA ne voulait pas de moi
En attendant de présenter le programme de la liste «L’Ariège Demain» dans le détail, Daniel Géraud démontre qu’il entend bien conserver sa liberté de parole.

Autre exemple, son aventure avortée avec le collectif ESA, une Equipe au Service des Ariégeois : «Avant les Sénatoriales nous nous étions réunis avec Benoît Alvarez et Alain Sutra, et nous avions envisagé de présenter une candidature à ces élections... Ensuite, ils ont relancé l’idée pour les Départementales mais je n’ai pas été invité. Pour des raisons stratégiques qui les regardent, ils ne voulaient pas de moi. C’est comme ça… Moi, je suis passé à autre chose»

Cet autre chose, c’est donc une candidature… «en toute indépendance»

PB | 12/02/2015 - 18:53 | Lu: 31364 fois