Quatre personnes parmi lesquelles Mohamed B. et Liamena M, disant appartenir à la «Coordination Harkie de l’Ariège» avaient rendez-vous ce matin à 9h30 à Foix avec le sénateur Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat et responsable de l’association des maires et des élus de l’Ariège.
Ces deux hommes et deux femmes ont rapidement fait état de leurs revendications notamment des mesures en faveur de l’emploi et du logement des harkis ainsi que la dissolution de la mission interministérielle aux rapatriés (MIR) mise en place le 27 mai 2002.
Le ton est monté et Mohamed B menaçant a sorti un cutter dont la lame de 15cm faisait davantage penser à un couteau qu’à un coupe-papier et un paquet qu’il avait introduit dans le local de l’association des Maires et des élus de l’Ariège.
A l’intérieur de ce paquet, un engin artisanal composé d’un petit extincteur peint en noir relié à une cartouche d’imprimante d’ordinateur à laquelle était scotchées deux piles.
Les quatre personnes ont menacé de mort Jean-Pierre Bel et ses proches, l’interdisant de sortir de la salle.
C’est le doigt sur la goupille de cet engin qu’ils lui ont demandé de faire venir le Préfet, menaçant de tout faire sauter.
Averti par téléphone, Jacques Billant s’est déplacé sur site pour discuter avec les quatre personnes retenant contre son gré le sénateur de l’Ariège.
C’est également sous la pression que M. B. a contraint le sénateur et le préfet à signer une lettre dans laquelle ils s’engageaient à les rencontrer lundi 22 mars à 10h en présence des autres élus du département (Augustin Bonrepaux, président du Conseil général et un responsable de la Région).
La présence des forces de l’ordre a fait sortir de ses gonds M. B qui s’est énervé, «montant sur les tables et vociférant»
Gardant leur sang froid, le préfet et le sénateur sont sortis des locaux sans incident avant que les quatre personnes ne soient interpellées et placées en garde à vue par les Policiers du commissariat de Foix.
Jean-Pierre Bel manifestement bouleversé a suivi le commissaire Pagès au commissariat de Foix pour y être entendu.
Selon les sources policières la «coordination harkie» dont ils se revendiquent, utilise des méthodes laissant peu de place au dialogue et n’est guère représentative de la communauté harkie ariégeoise, représentée localement par Fatima Mokrani.
Mohamed B, n’est pas connu des services de Police, mais il s’est déjà exprimé dans le département de l’Aude comme secrétaire général de la coordination des associations de rapatriés harkis pour la dissolution de la MIR, la création d’un établissement public tripartite et a demandé à plusieurs reprises que le Président de la République tienne ses engagements auprès de la communauté harkie.
Liamena M. s’est quant à elle présentée comme présidente de l’association des «rapatriés harkis de l’Ariège»
Quant à la «coordination harkie», à laquelle ils se rattachent, au niveau national, une pétition circule et des actions symboliques (telles qu’une grève de la faim devant le TGI de Carcassonne ou un campement devant l’Assemblée Nationale à Paris) ont déjà été menées par ce groupuscule visant à porter sur la place publique leurs revendications.
Plus localement le couple MB, habitant à Laroque d’Olmes, avait la réputation d’être des «personnes difficiles»
Ils avaient notamment reproché à Jean-Pierre Bel quand il était maire de Lavelanet, de ne pas leur procurer un travail.
Il y a dix jours ils auraient également tenté d’intimider Marc Sanchez, actuel maire de Lavelanet, qui les a mis à la porte de son bureau, les menaçant de déposer une plainte.
Jean-Pierre Bel rencontré à la sortie du commissariat a confirmé qu’il s’agissait de «forcenés complètement excités, mêlant dans leurs propos problèmes nationaux et considérations locales [….] à Lavelanet ils avaient déjà inquiété mes secrétaires c’est pour cette raison que je les ai rencontrés à Foix [….]
ils ont sorti un engin explosif avec goupille, fils et batteries et là j’ai pensé qu’il y avait du monde dans ce bâtiment […] ils m’ont demandé d’entrer en contact avec le préfet qui est venu immédiatement, je salue son courage […] nous avons tenté de négocier […] il ne faut pas confondre les problèmes des harkis et ceux de ces gens-là qui sont sur un autre registre»
Fatima Mokrani, vice-présidente de la «Coordination jeunesse harkie ariégeoise et leurs amis», seule association reconnue en Ariège, condamne cette action.
Il s’agit pour elle d’individus isolés qui sous prétexte de défendre la cause harkie, agissent pour leur propre compte.
Cependant, il existe bien un malaise au sein de cette communauté qui a fait le choix de se battre pour la France au moment de la guerre d’Algérie et dont les droits ont longtemps été bafoués, souvent ignorés des différents gouvernements français.
Symboliquement, cette action de prise d’otage d’un élu de la République a eu lieu le 18 mars, veille de la signature des accords d’Evian, et pour Fatima Mokrani cela n’est peut-être pas fortuit.
Antoine Leroy, procureur de la République, a souligné quant à lui le grand courage dont ont fait preuve Jean-Pierre Bel et Jacques Billant, et le professionnalisme des forces de l’ordre qui sont intervenues et ont neutralisé les quatre personnes.
Les quatre personnes sont actuellement en garde à vue (elle pourrait être prolongée) et elles encourent une peine d’emprisonnement maximum de cinq ans pour «menaces de mort par un moyen dangereux à l’égard d’un élu public»
19/03/2010 - 17h30: Ce jour à 17h30, le juge des libertés et de la détention a placé Mohamed B. et Liamena M. en détention jusqu'à l'audience du mardi 23 mars 2010 à 14h.
Le premier est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour menaces de mort sur le sénateur et détention d'une arme de la 4ème catégorie (en l'occurrence un fusil à canons sciés découvert à son domicile lors de la perquisition), la seconde pour menaces de mort sur le sénateur.
Les deux autres personnes gardés à vue avaient été quant à elles libérées ce matin à 11h sans prolongation de cette mesure.
- Une semaine de faits divers en Ariège
- Le procès des agresseurs présumés de Michel Teychenné reporté!
- Le corps sans vie du randonneur de Beille retrouvé ce vendredi 16 juillet 2010
- Une semaine de Faits divers en Ariège
- Disparition inquiétante de Jean-Loup Couttenceau sur le plateau de Beille
- Une semaine de Faits divers en Ariège
- Drame de la solitude: un marginal retrouvé mort à moitié dévoré par ses chiens
- Une femme abattue à Saint-Girons: l'enquête tente de comprendre le geste du meurtrier
- Un trafic de stupéfiants démantelé par la gendarmerie nationale
- Drame à Saint Girons : une jeune femme abattue par un homme qui se serait ensuite suicidé








Festival de Grands Chemins
Camping La Porte des Cimes