ariege > faits divers > justice
Bizutage: sept lycéens condamnés au Tribunal correctionnel de Foix
14/12/2011 | 19:41
© MidiNews (archives)

Sept jeunes gens (âgés de 19 et 20 ans, quatre garçons et trois filles) avaient comparu le 29 novembre au tribunal correctionnel pour répondre de «bizutage, acte humiliant ou dégradant lors de manifestation ou réunion du milieu scolaire ou socio-éducatif», actes remontant au 24 janvier.

Petit rappel des faits:

Aux alentours de 13h10, le 24 janvier, Elodie qui fréquente le lycée professionnel de Saint-Girons (bac en hôtellerie) est abordée par une camarade qui l'invite à se lever.

Arrivent alors six jeunes gens et jeunes filles qui essaient malgré sa résistance, de l'attacher au poteau de l'abribus et l'aspergent de lessive, shampoing, produit vaisselle, déodorant... divers produits achetés le matin même.

Il s'agirait pour les prévenus d'une tradition; en effet, il serait de «tradition» dans ce lycée de faire un «abattage» à un élève le jour de son anniversaire.

Du «bizutage» selon la loi, qui réprime depuis 1998 ce genre d'humiliations et peut les punir avec sévérité (jusqu'a six mois de prison et 7 500 € d'amende).

Elodie, bien que choquée, avait repris les cours, mais s'est effondrée quelques jours plus tard, ne reprenant pas une scolarité normale et ne s'est pas présentée à l'examen.

«Les certificats médicaux prouvent qu’elle est touchée, physiquement et psychologiquement» soulignait la présidente du tribunal Michelle Salvan.

La jeune fille a déclaré être victime d'humiliations, de moqueries depuis plusieurs mois sans pour autant être entendue et sa mère décida alors de porter plainte.

La direction du lycée avait convoqué les sept prévenus, délivrant un avertissement pour chacun des sept élèves et les avait sommés de présenter leurs excuses à Elodie.

La procureur Marilyn Blanc dans son réquisitoire a énoncé que «la réponse éducative a été insuffisante, tant de la part de l’établissement, que de la part des parents»

Les avocats de la défense réclamaient la relaxe, contestant la qualification de bizutage.

Selon eux, leurs clients ne voyaient rien d'humiliant dans «l'abattage», courant dans l'établissement et qui n'a été interdit que début février.

Ce 13 décembre, le tribunal correctionnel a rendu son jugement.

Il a requalifié les faits en «violence en réunion suivie d’une incapacité supérieure à 8 jours» et condamné les sept prévenus à 60 heures de travaux d’intérêt général à effectuer dans les 18 mois, et à défaut 15 jours de prison.

Une expertise médicale a été requise par la présidente Michelle Salvan et en attendant le rapport du médecin, les 7 condamnés devront verser 1500€ d'indemnités provisionnelles.

actualites Ariege
auteur: NR | publié le: 14/12/2011 | 19:41 | Lu: 22154 fois