Démantèlement d'une filière angolo-congolaise qui faisait venir de faux mineurs isolés en Ariège, 9 personnes jugées en juillet
C’est une enquête de longue haleine qui prendra une tournure judiciaire définitive le 9 juillet prochain devant le tribunal correctionnel de Foix.
9 personnes françaises et congolaises dont une femme seront en effet jugées pour de multiples entraves à la loi: aide à l’entrée, au séjour et à la circulation d’étrangers en situation irrégulière en France commis en bande organisée, détention de faux documents administratifs et toute une série de délits liés aux faux documents. Pour cela, ils encourent tous 10 ans de prison.
En tout, 10 jeunes mineurs ou majeurs se sont présentés comme mineurs isolés en Ariège de 2010 à 2012 bénéficiant d’une aide éducative et sociale de la part du Conseil général. Tous avaient appris une histoire à raconter à leur arrivée. La trame: le danger de mort et la vision d’actes horribles dans leur pays d’origine.
Pourtant l’enquête prouvera qu’une personne actuellement au Congo et non inquiétée par la justice française est la tête pensante de ce réseau vers l’Ariège.
«Il s’agit du démantèlement d’une filière familiale et tribale dont la tête pensante est un homme assez riche et influent dans son pays, père de beaucoup d’enfants (plus de 10 NDLR) et marié à plusieurs femmes entre le Congo et l’Angola. Le profit étant de garantir un avenir à une personne de la famille aux frais de la République et du Conseil général de l’Ariège» résume le procureur de la République de Foix.
La police des airs et des frontières suit le cheminement de deux jeunes du Congo à Toulouse
Ce qui a déclenché l’ouverture d’une information judiciaire en mars 2012 est l’arrivée de deux mineurs congolais au commissariat de Pamiers en janvier. Les policiers réussissent alors à déterminer le détenteur de la carte bancaire utilisée pour le paiement des billets de train entre Toulouse et Pamiers.
Sur commission rogatoire du juge d’instruction de Foix, la police des airs et des frontières mène scrupuleusement l’enquête grâce notamment à des écoutes téléphoniques qui doivent être traduites d’un dialecte africain vers le français.
Les policiers parviennent également à suivre le parcours de deux jeunes du Congo jusqu’à Toulouse. Après un an d’enquête, ils détiennent des preuves formelles qui attestent de la bande organisée.
Le parcours de ces jeunes est le même pour tous. Ils partent du Congo ou de l’Angola avec un visa touristique en règle vers un pays européen, souvent le Portugal.
Ensuite, ils rejoignent la gare routière de Toulouse où une des filles de la tête pensante vit avec son mari. Pendant une semaine, on leur fait apprendre par cœur une histoire à raconter dès l’arrivée en Ariège. Certains doivent également perdre du poids pour se «rajeunir» car tous ne sont pas véritablement mineurs.
Puis c’est le départ en train vers Foix ou Pamiers. Tous ont reconnu avoir inventé une histoire sauf un qui a campé sur ses positions. Ces jeunes ont donc reçu une aide extérieure pour atteindre la destination finale.
Aucun des 10 jeunes arrivés illégalement en Ariège n’est poursuivi en justice
10 personnes sont interpellées en octobre 2012 puis mises en examen, cinq sont placées en détention provisoire, plus qu’une aujourd’hui, et 9 sont renvoyées devant le tribunal correctionnel.
Dans cette affaire, la bande organisée est caractérisée par la qualité transfrontalière, interrégionale, hiérarchisée, organisée et qui faisait appel à des recours extérieurs.
En effet, un faussaire originaire du Congo a également été arrêté dans la région lyonnaise. Il monnayait de faux documents administratifs très performants pour justifier du minorat des jeunes par exemple.
Lors de la perquisition chez lui, des documents d’état civil vierges congolais et français ont été retrouvés tout comme des tampons humides ou secs mais aussi une liste des autorités administratives à jour.
Ont aussi été arrêtées une personne en région parisienne, deux en région toulousaine (le couple qui réceptionnait les jeunes) et une à Pamiers. «Cette enquête montre ce dont on se doutait depuis très longtemps et prouve que l’arrivée de ces jeunes n’est pas conforme à la réalité des faits qu’ils décrivent» confirme Olivier Caracotch.
Aucun des 10 jeunes arrivés illégalement en Ariège n’est poursuivi. «Le choix a été fait de se positionner sur les organisateurs et non les bénéficiaires» précise le procureur. Plusieurs d’entre eux sont majeurs. Le plus âgé a 31 ans, marié et père d’un enfant au Congo.
Même s’ils n’ont pas manifesté la volonté de quitter leur pays pour la France, aucun n’a émis le désir aujourd’hui d’y retourner. Ils vivent à ce jour tous encore en Ariège et perçoivent une aide.
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