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Regards sur le Patrimoine antique du Couserans, Saint-Lizier et les Consoranni: 1ère Partie
24/06/2010 | 20:47
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La civitas Consorannorum

Partie gasconne du département de l’Ariège, le Couserans s’étend sur dix-huit vallées, autour du mont Valier.

Entre Comminges et pays de Foix, ce territoire sauvage a été l’un des plus prospères des Pyrénées, avec l’exploitation d’un vaste réseau de mines et une abondante énergie.

Le nom de Couserans vient des Consoranni, le nom donné par les Romains au peuple antique qui avait son chef-lieu à Saint-Lizier.

Pline l’Ancien (23 après JC-79 après JC) écrivain et naturaliste romain, mentionne les Consoranni dès le début du Ier siècle aussi bien en Narbonnaise qu’en Aquitaine et il est établi que leur civitas apparaît à la fin du IIIe siècle, comme une entité administrative au sein de la Novempopulanie.

Au Ve siècle, la civitas Consorannorum est mentionnée dans la Notitia Galliarum, ce qui impliquerait le passage des Consoranni au rang de cité entre l’époque d’Auguste et cette période.

Approches historiques

A la fin du IIe siècle avant JC, Rome intervient dans le sud de la Gaule pour mettre fin à des déplacements de populations importants.

Deux généraux romains, Q. Fadius Maximus et Cn. Domitius Ahenobarbus, remportent une éclatante victoire sur les Allobroges et les Arvernes dans la vallée du Rhône en 121 av JC.
Cette victoire consacre l’assujettissement de la Gaule Narbonnaise.

Domitius Ahenobarbus entreprend alors la pacification de la région et Narbonne deviendra capitale de la Province en 118 av JC, sous le nom de Colonia Narbo-Martius.

Désormais, la domination romaine s’étend sur les Volques Tectosages (littéralement: «le peuple qui cherche un toit») du Toulousain et sur leurs anciens vassaux au nombre desquels on compte les Consoranni qui peuplent alors l’actuel Couserans.

Mais, c’est en 72 av JC, que Pompée de retour d’Espagne fonde la cité des Convenae (St-Bertrand-de-Comminges) et les historiens s’accordent à penser que Saint-Lizier aurait été organisée à l’image de sa voisine.

Saint-Lizier a d’abord formé au Ier siècle de note ère, non pas un Pagus (ramification des tribus), mais plusieurs pagi, répartis entre Aquitaine et Narbonnaise, entre cité des Convènes et cité de Tolosa.

Ce n’est qu’après la conquête du bassin de l’Adour par Crassus, lieutenant de César, qu’il du être annexé à sa voisine commingeoise dans le cadre de l’organisation de l’Aquitaine par Auguste.

Durant deux siècles, le Couserans dépend administrativement de Lugdunum Converanum ou de Tolosa et ce n’est qu’au troisième siècle de notre ère, que Saint-Lizier accède à la dignité de civitas.

Maintenus jusqu’au IIIe siècle au rang de pagus, les Consoranni que l’on compte parmi les neuf peuples de l’Aquitaine, auraient bénéficié de la réforme d’ensemble qui affecta l’Empire dans les dernières années du IIIe siècle.

Sous Dioclétien (245-313) et Constantin (272-337), suite aux problèmes liés aux invasions germaniques, la réforme administrative de nos régions transforme l’ancienne Aquitaine de César en Provincia Novempopulana comprenant dès lors neuf cités (et plus tard, douze).

Ces invasions ne semblent pas avoir atteint les Pyrénées, et le Couserans au IVe siècle continue de vivre dans le calme, la paix et la prospérité, laquelle marque une recrudescence sous le règne de Constantin.

La civitas Gallo-romaine

La vallée du Salat ne pouvait manquer de séduire les Romains comme la voie la plus directe pour joindre les deux grands bassins de la Garonne et de l’Ebre, comme une route pratique du Toulousain vers l’Espagne.

Les historiens supposent que le territoire de la cité des Consoranni correspond au Couserans tel qu’il se présente aujourd’hui.

La limite méridionale est probablement la chaîne montagneuse qui marque la frontière entre la France et l’Espagne.

La limite orientale se confondrait avec les montagnes qui entourent Aulus et délimitent à l’est le bassin hydrographique du Salat.

Des données archéologiques lacunaires ne permettent pas de localiser clairement la capitale des Consoranni… elles laissent néanmoins entendre que celle-ci serait située à Saint-Girons.

Idéalement placée au confluant du Lez et du Salat, important carrefour d’échanges commerciaux, et centre de la vie active en général, Saint-Girons prendrait le pas sur sa voisine Saint-Lizier…

Selon les dernières découvertes archéologiques, un scénario plausible semblerait se dégager: le vicus originel se situerait sous l’actuel Saint-Girons et la crainte d’invasions, au Bas-Empire, auraient conduit à l’édification d’une citadelle aussi proche que possible du centre urbain et naturellement surélevée.

La citadelle, ville haute de Saint-Lizier, assurait alors une fonction essentielle pour la communauté et aurait vu en son sein l'établissement de l’évêché.

Le rempart ne dépassant pas 2,6 hectares, la vie collective engendrée par cette nouvelle géographie conduisit à la naissance d’un quartier hors ses murs: la ville basse de Saint-Lizier.

Si le cœur de la ville antique se situait à St-Girons, Saint-Lizier garde de fait le pouvoir administratif, politique, cultuel et culturel.

Comme dans les autres cités du monde romain, la capitale de la civitas du IVe siècle servit ensuite de siège à l’évêque chrétien.

C’est probablement autour de la citadelle du début du Ve siècle que se structura l’ensemble ecclésiastique.

Le premier évêque, si l’on en croit Grégoire de Tours (vers 539 – 594, historien de l’Eglise, des Francs et de l’Auvergne, il fut évêque de Tours) aurait été Valérius.

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auteur: NR | publié le: 24/06/2010 | 20:47 | Lu: 8603 fois