Devenue civitas, le rôle de capitale vaut à Saint-Lizier la construction d’un rempart défensif.
L’ancien pagus s’inscrit alors, comme Saint-Bertrand-de-Comminges, dans le cadre de ces cités pyrénéennes situées au débouché de bassins importants: le Salat, l’Adour…
Nous pouvons supposer que le pouvoir romain, encore solide politiquement et économiquement, organise une défense commune afin de tenir les grands passages pyrénéens.
Les remparts Gallo-romains
Les remparts ceinturent la ville sur 740 m de long: ils sont scandés par 6 tours de plan circulaire (une septième tour occupait peut-être la porte médiévale que surmonte aujourd’hui la Tour de l’Horloge), 6 contreforts rectangulaires, 12 piliers sur la face ouest et 2 portes.
Les archéologues s’accordent pour les dater de la fin du IVe ou début Ve siècle.
La muraille est posée à même le socle rocheux dont elle suit la pente, elle est percée de 16 déversoirs destinés à évacuer l’eau de pluie.
L’enceinte Gallo-romaine doit son remarquable état de conservation à sa réutilisation aux époques médiévale et moderne.
Elle a servi de fondations à de nouveaux ouvrages défensifs et à la construction du Palais des évêques.
Elle empêchait tout passage entre la ville haute et le Salat, tout en défendant un accès direct qui descendait de la porte sud vers la rivière où l’on pouvait aller chercher de l’eau.
En effet, le sous-sol rocheux de la ville ne permettait que l’utilisation de citernes.
Le rempart est interrompu par deux entrées: une au nord largement ouverte, la porte du Nargatch, l’autre au sud, ménagée dans la tour médiévale de la porte de Fer, que l’on nomme aujourd’hui «de l’horloge»
Un cadre religieux et social
Les légions brisèrent la puissance militaire des peuples, mais c’est l’esprit romain qui assura l’acculturation du territoire conquis.
A cet égard, les «colonies» sont une représentation de Rome.
Elles diffusent aussi exactement que possible les institutions, les monuments, les cultes de la ville mère, celle qui demeure l’Urbs, la ville par excellence.
En ce qui concerne le Couserans, l’assimilation de la civilisation romaine ne devait être le fait que d’une classe sociale aisée.
Rome, pour prévenir toute opposition, dut ,en effet, proposer une formule de protectorat et faire miroiter aux «indigènes» les avantages d’une confédération des vallées.
Ce phénomène essentiellement urbain ne s’étendait guère aux montagnards attachés à leurs traditions païennes.
Nous savons que durant le Ier siècle avant JC, des exploitations minières s’élevaient en Couserans, en témoignent des amphores vinaires venues d’Italie.
De nombreux vestiges numismatiques ou d’amphores encore, révèlent l’existence d’une économie d’échange développée et structurée dès le deuxième âge du fer.
Durant l’empire, cette circulation monétaire se poursuit et on retrouve des monnaies sur les sites de plaine.
C’est à la fin du IIIe siècle (260-280), que fut constitué le trésor monétaire de St-Girons qui compte 13000 monnaies.
Dans ces vallées romanisées, les villae, au cœur d’un grand domaine agricole, sont le plus souvent à l’origine des villages actuels, comme c’est le cas attesté pour Aubert et Taurignan-Vieux.
La vie quotidienne dans les provinces ne changea pas réellement avec la conquête romaine.
Les guerres furent moins fréquentes, mais il fallut payer de nouveaux impôts.
Dans certaines régions montagneuses, plusieurs siècles de domination romaine laissèrent peu de traces; dans d’autres, s’effectuaient de profonds changements.
Dans la péninsule ibérique et en Gaule, le latin remplaça peu à peu les langues locales.
Le latin donna naissance au début du haut moyen-âge aux langues romanes dont dérivent le Français, l’Espagnol et l’Italien.
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