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Regards sur le Patrimoine antique du Couserans, Saint-Lizier et les Consoranni: Fin
28/06/2010 | 21:09

Si l’on excepte son rempart, joyau archéologique de la ville, l’essentiel du mobilier archéologique découvert à Saint-Lizier est constitué de remplois et d’inscriptions.

Nous ne pouvons qu’imaginer ce que pouvait être la vie quotidienne, car les seuls vestiges, fort nombreux au demeurant, concernent la vie spirituelle et artistique: inscriptions votives et funéraires, monuments religieux, civils ou militaires, tombeaux…

Les 26 inscriptions antiques constatées en Ariège sont concentrées sur un périmètre d’une quinzaine de kilomètres autour de l’ensemble Saint-Lizier - Saint-Girons.

La seule exception, le fragment d’autel votif de Saint-Jean-de-Verges.

L’existence d’une ville où la culture se diffuse plus largement et la proximité des carrières expliquent ce fait.

Les découvertes de ces vestiges lèvent un peu le voile sur les pratiques religieuses dans la région.

La romanisation a transformé les vieux modes de sépulture sous tumulus, la tombe Gallo-romaine des personnes aisées n’est plus anonyme…

Néanmoins, malgré cette adhésion visible de certains autochtones aux formes du rituel romain, le particularisme indigène se manifeste encore, comme à Argein où une divinité indigène est honorée: Arsillunnus.

Quelques vestiges à découvrir:

Edifice énigmatique, la pile est un monument religieux placé le long des voies romaines.

Les piles sont des tours carrées et isolées de grandes dimensions, et ayant parfois sur une des faces, une niche destinée à recevoir une statue.

•La pile de Luzenac se dresse encore dans un champ (au bord de la départementale 618), sur une hauteur de sept mètres et demi et mesure 2 m 70 sur chaque côté de sa base.

Il ne lui manque pour être complète, que la partie supérieure formant le toit et où s’arrondissait la voûte de la niche.

La niche de Luzenac aurait renfermé une statue de Mercure, divinité protectrice des voyageurs et des commerçants.

•L’auge de Soueix, en calcaire blanc et en assez bon état, est entreposée à la mairie du village.

L’auge nous conduit aux rites funéraires et à l’importance de ceux-ci dans la vie quotidienne des Gallo-romains.

Les Gaulois, héritiers des Celtes, croyaient en l'immortalité de l'âme et en la renaissance dans «un autre monde»

Les stèles gauloises représentaient d'ailleurs des vents, des oiseaux, des étoiles, symboles aériens du voyage de l'âme.

Les mythes exprimaient la conviction que le repos d'outre-tombe, dans un monde supérieur, devait être mérité comme une récompense donnée à une vie courageuse, laborieuse et vertueuse.

Les Celtes pratiquaient l'inhumation. Certaines sépultures préservées par un «tumulus» ont été retrouvées et ont livrées aux archéologues de riches enseignements.

Le guerrier était enterré avec ses armes et son char démonté. Des vases emplis de nourriture, des coupes pleines d'hydromel, de bière ou même de vin l'accompagnaient.

L'artisan était entouré de ses outils, la femme de ses bijoux. Les vivants portaient ainsi une grande attention au voyage confortable du mort dans l'Au-delà, mais désiraient également s'attirer les bontés des Dieux et de l'âme du défunt.

Les romains quant à eux, se sentaient entourés de démons, puissances surnaturelles, souvent innommées qui surgissaient de l'au-delà pour, la plupart du temps, tourmenter les vivants.

Les ancêtres des familles ne restaient pas enfermés dans leur tombeau, croyait-on.

A certains jours de l’année, les portes des enfers s’ouvraient et les vivants devaient apaiser les mânes. C’est pourquoi les rites funéraires ont une telle importance chez les Romains.

•«Les mânes sont une représentation des ancêtres morts. Elles expriment une croyance en l'immortalité de l'âme qui demeure auprès de ses descendants, qui lui doivent respect et vénération, car les morts vivent, mais sont prêts à se venger, à punir les injustes, ils sont plus redoutables que bienveillants»

La commune de Saint-Girons a livré à maintes reprises des vestiges de la période romaine.

Un magnifique cippe de marbre blanc a été découvert lors de la fouille d’une fosse funéraire (ou à offrandes) sur le chantier de la piscine municipale en 1963.

Ce cippe était dédié aux mânes de Pompeia par des parents inconsolables.

Un cippe est une pierre, généralement de forme carrée, dressée, sur laquelle était placée une inscription destinée à préserver la mémoire d'un événement.

Les cippes ont été utilisés pour divers usages, à la fois religieux et séculiers.

Ils marquaient parfois l'emplacement d'une sépulture familiale; ils pouvaient aussi servir de bornes.

On les voit quelquefois placés seuls sur-le-champ des monnaies et portant une inscription.

Dans d'autres cas, il sont placés près d'une divinité, qui s'appuie souvent sur ce petit monument.

D’autres éléments parsèment les communes et alentours du Couserans tels que:

- A l’église Saint-Valier (Saint-Girons) de nombreux remplois dont une tête antique dans le contrefort nord de l’abside à environ 5 mètres de hauteur.

- La pile funéraire du Pont-du-Baup, sur la rive droite du Salat, est située à droite sur la route menant de Saint-Girons à Saint-Lizier.

- Les Bordes sur Lez: Vous pourrez contempler au lieu-dit Ayer un dolmen. Là, furent découverts des tessons de poterie.
A proximité se trouve une nécropole datée entre la fin de l’âge du Bronze et le début de l’âge du Fer.

- Aulus les Bains: La mine de l’Argentière a fourni des vestiges antiques.

- Argein: Dans le mur sud de l’église St-Pierre, un autel votif en remploi a été identifié. Vous y lirez: «Au dieu Arsiilunnus. Maxumus a acquitté son vœu avec empressement»

- Oust: Découvert en 1960, un chapiteau tardif en calcaire jaunâtre est conservé dans l’église de Vic d’Oust.

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auteur: NR | publié le: 28/06/2010 | 21:09 | Lu: 8919 fois