Dans le temps chaque place représentait un quartier de ville qui gardait sa spécificité; la place des Carmes et la rue des Carmes avaient elles aussi la leur…
La rue des Carmes s'appelait encore à la fin du 19ème siècle «les nouvelles allées Boulbonne», une appellation provenant du moyen âge, lui venant de L'église des Carmes, bâtie à l’époque à cet endroit.
Elle faisait partie du monastère des Carmes fondé au XIII siècle.
L'église détruite au XVI siècle pendant les guerres de religion a été reconstruite au début du XVIII siècle pour être définitivement rasée en 1972, et remplacée par un central téléphonique…
Comme partout dans la ville, avec les grands travaux de 1900, la rue des Carmes sera agrandie.
Elle est le passage obligé des ouvriers qui travaillent à l’usine et qui arpentent chaque jour la rue s'arrêtant parfois dans les nombreux estaminets comme le café Gauby et divers commerces comme celui du charron B. Peyronnel, celui des deux chausseurs Em. Déjean et P. Subra, l’armurier Louis Marette et Fils, maison fondée en 1830 qui vend des armes et des articles de pêche, la pharmacie droguerie H. Oulès (ancienne pharmacie Soula).
Ils passent aussi régulièrement devant l’établissement de bain tenu par M. Devige.
Dans les années 50, la rue est toujours aussi commerçante. A côté de l'église des Carmes, demeure le bistrot Delgeilh, le coiffeur St Germain Père, l'épicerie de Paulette Roques.
Elle tenait un magasin de charcuterie traditionnelle et de salaisons, mais aussi des produits alimentaires de toute nécessité, comme sa mère charcutière l’avait fait précédemment avant elle.
Son parrain, Antonin Prat était lui aussi charcutier, installé rue Gabriel Péri.
A côté de chez Paulette se trouve Madame Prat surnommée «La Bertomèche» qui tient un bistrot, fréquenté par les ouvriers de l’usine.
Au début des années 1970, après la disparition de tout ce pan de quartier quelques projets seront imaginés dans ce secteur comme la construction d’un ensemble municipal situé rue des Carmes qui pourrait servir à abriter la bibliothèque municipale, vite abandonné.
En 1972, la société Schell imaginera construire une station service qui occuperait les deux premiers niveaux du bâtiment, surmontée de 30 logements.
Le projet sera abandonné en 1974 en raison de la conjoncture économique. Ce sera finalement la «Résidence du Moulin des Carmes» qui sera bâtie par un groupe financier.
Elle abrite aujourd’hui sur deux niveaux la Recette des Finances.
La Place des Carmes se situe en bas de la rue du même nom.
On l’appelle au début du 20ème siècle «la Place des Pommes» Elle est très commerçante.
On y trouve le magasin d’encadrement Goubert, deux épiciers E. Dubost et M. Saurel, un mécanicien en cycles Raymond Seguela, le restaurant «Chez Carmen», le coiffeur St Germain, la repasseuse Solange Nicoulou, le tailleur Bauzou, le cordonnier Jules Estèbe…
Elle est un lieu de vie et de fête. Les habitants du quartier s’y retrouvent le soir pour faire une partie de boules ou de palet, pour bavarder sur le pas-de-porte tandis que les enfants s’amusent autour de la fontaine située au centre de la place.
Cette place sera démolie lors du réaménagement du quartier du Pont Neuf à la fin des années 1960, au grand désespoir de ses habitants.
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