A l’invitation de la Société Archéologique et historique de Pamiers, Claudine Pailhès, directrice des Archives, vient de donner une conférence sur les origines de la ville aux Trois Clochers qui fête cette année ses 900 ans d’existence.
Cette historienne diplômée de l’École nationale des Chartes, Conservateur en chef du patrimoine, s’est consacrée à l’histoire de l’Ariège et particulièrement des comtés médiévaux.
Elle nous a présenté le document qui a permis d’écrire l’histoire avec un grand «H», une charte du XIIe siècle signée par le prieur de l’abbaye Saint Antonin et le comte de Foix, Roger II.
Celui-ci est plutôt mauvais garçon, a été excommunié trois fois et pour se racheter une conduite décide de participer à la 1ère Croisade en Terre Sainte.
A son retour, il se montre généreux pour des abbayes Saint Volusien de Foix, Saint-Antonin de Fredelas ou encore l’abbaye de Boulbonne à Mazères.
Pétri de bonnes intentions, Roger II reconnaît le pouvoir des religieux de Saint Antonin présents depuis le dixième siècle, ceux-ci en contre partie se mettent sous la protection politique et militaire du puissant comte, lui offrant en gage le «Castrum Apami» (situé sur le site de l’actuel Castella dont il ne reste aucun vestige).
C’est dans cette charte qu’apparaît pour la première fois le nom d’Apamée…
Les deux noms vont cohabiter quelques temps et Fredelas s’effacera peu à peu pour Pamiers.
C’est un modeste parchemin délavé par les siècles, conservé aux archives départementales de l’Ariège dans le fonds de l’abbaye Saint Antonin de Pamiers…
Mais derrière cet acte authentique daté de juin 1111, il s’agit bien de la naissance de la ville de Pamiers.
Selon Claudine Pailhès, c’est un acte important pour l’histoire de la cité dans la mesure où il est fait mention pour la première fois du nom de Pamiers pour une cité appelée jusque-là «Fredelas»
Selon l’historienne, le comte de Foix, Roger II, lors de la 1ère Croisade se rend à Apamée, grande cité hellénistique de Syrie, et fait le lien avec le martyre de Saint Antonin (Saint patron de Fredelas) qui aurait eu lieu au IVe siècle à Apamée.
Mais à cette époque il y a deux Apamées, l’une en Syrie, l’autre en Phrygie (actuelle Turquie)… Ce que le comte de Foix n’était pas censé savoir…
Quoiqu’il en soit ce document constitue un moment charnière pour l’histoire de la ville, mise à l’honneur en 2011.
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