Lors de la séance du 14 juillet 1869, le Conseil municipal avait émis le souhait d’établir une fontaine monumentale sur la place du Jardinage, aujourd’hui place de la République.
La question fut reprise lors de la séance du 20 novembre de la même année par M. Allaux, adjoint, faisant fonction de maire.
Il décida de faire installer la fameuse fontaine sur laquelle avait été gravé le nom de l’ancien maire Borelly malgré la délibération prise par le conseil qui demeurait fermement contre, lors de la séance du 23 décembre 1869.
Le sujet fut encore remis à l’ordre du jour de la séance du 7 janvier 1870.
«Considérant que par la délibération du 23 décembre dernier et sur les motifs qui y sont développés, le conseil avait ajourné la pose de cette fontaine et annulé le crédit voté précédemment par la commission municipale pour les travaux de cette pose,
Considérant qu’au mépris de cette délibération, M. le Maire a fait placer la fontaine sur la place du Jardinage, sans même tenir compte de la parole d’honneur qu’il avait plus tard donnée aux membres du conseil par l’intermédiaire de Monsieur le Sous-préfet qu’il ne ferait pas exécuter ce travail,
Considérant que la conduite de Monsieur le Maire en cette occasion est injurieuse pour le Conseil et porte une grave atteinte à ses prérogatives et à ses droits reconnus par le Préfet lui-même,
Considérant qu’il importe à la dignité du Conseil que ses décisions ne soient pas ainsi méconnues par M. le Maire, considérant d’ailleurs que cette fontaine par ses proportions mesquines n’est nullement en rapport avec la place qu’elle occupe et ne saurait être maintenue à cet endroit, délibère, la fontaine dite monumentale, placée sur la place du Jardinage sera immédiatement enlevée et le bassin comblé de sorte que la place soit remise dans son état primitif»
Monsieur le maire protesta en disant qu’il n’avait pas donné sa parole d’honneur.
Le Préfet saisi de l’affaire adressa une lettre au Sous-préfet.
Une nouvelle délibération fut prise le 23 janvier 1870.
«Considérant que lorsque par sa délibération du 7 janvier courant le Conseil avait ordonné l’enlèvement immédiat de la fontaine, il avait eu pour principal but de faire respecter ses droits formellement méconnus par la pose de cette fontaine, qui avait eu lieu au mépris de sa délibération du 20 novembre dernier et d’une convention verbale intervenue par les soins officieux de M. Le Sous-préfet.
Considérant que les droits du Conseil se trouvent aujourd’hui affirmés et sauvegardés par la lettre de M. Le Préfet,
Considérant en ce qui touche l’inscription gravée sur la fontaine que le Conseil ne peut que persévérer dans sa résolution antérieure pour les motifs développés dans les précédentes délibérations.
Par ces motifs, le Conseil entrant dans les vues de M. Le Préfet, décide que l’inscription gravée sur la fontaine dont il s’agit sera immédiatement enlevée»
Le Conseil ayant dit au Préfet que la fontaine était utile pour son eau, celui-ci demanda de revenir sur la délibération du 7 janvier.
La fontaine fut maintenue ainsi que l’inscription gravée.
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