Les Biroussans sont fiers de leur vallée et très attachés au patrimoine que leur ont transmis leurs ancêtres, souvent des bergers vivant d’élevage en montagne.
On les appelait les «aourisis» (couleur de l’or) tant leur teint était hâlé par le soleil.
Aujourd’hui encore, au détour d’un chemin de randonnée, on peut découvrir dans un paysage exceptionnel ces granges d’estives accrochées aux pentes des soulanes.
Ainsi le hameau de Playras à 1100m d’altitude, caractéristique avec ses granges foraines aux murs de schiste et aux toits d’ardoises.
Ils sont une poignée comme Dany Chertier, le berger d’Uretz à avoir réaménagé leurs granges en suivant les principes ancestraux de construction: tous les éléments proviennent de la région, que ce soit le schiste des murs, les pierres d’angles en tuf, les ardoises bleutées extraites à la carrière d’Arrout ou de Saint Lary mais également le bois de la charpente ou des voliges, du hêtre ou du bouleau taillé à la bonne lune (celle de septembre de préférence).
C’est un patrimoine bâti unique en France selon Yves Rougès, originaire de ce pays du Couserans.
«Le terme grange foraine est une invention scientifique des gens de la ville qui signifie bâtiment à l’extérieur du village (fuera en Espagnol). Les anciens les appelaient borda ou fora en Catalan.
Ces granges d’altitude (de 25 à 45m² de surface) construites par des Italiens avaient pour fonction première de stocker le foin qui était fauché l’été pour le donner au bétail pendant la période hivernale.
Ce foin était acheminé à dos d’homme sous forme de fagot (garbots en Biros) dans un drap de jute dans le massatois ou sur un traineau de bois tiré par un cheval […] pour qu’il sèche correctement dans le fenil, à l’étage où il était entreposé, des voliges (planches verticales) ou des tiges de genévriers et de noisetiers tressées permettaient à l’air de passer.
Le rez de chaussée était occupé par les animaux (brebis castillonnaises ou bovins); régulièrement le berger faisait tomber du foin dans les râteliers […] ici tout a une histoire et rien n’est fortuit.
Devant les granges il y avait toujours deux frênes, l’un dont on utilisait les jeunes pousses pour alimenter les agneaux de l’année et l’autre pour faire de l’ombre en été»
Aujourd’hui, malgré la constitution d’une association pastorale le paysage se ferme, les noisetiers et la fougère gagnent sur les estives au grand dam de notre guide qui nous amène sur le sentier du tour du Biros à la découverte de ces granges foraines:
«Il fallait souvent une journée pour acheminer une pierre mais le temps ne comptait pas, on vivait au rythme des saisons […] cette grange a été reconstruite par mon grand-père Joseph Rougès en 1928, j’y suis très attaché»
Le toit à 35° de ces granges foraines du Biros est le fruit d’un savoir faire particulier: la pose à pureau dégressif met en œuvre des ardoises longues et larges sur les parties inférieures , plus on monte, plus les ardoises sont de petites taille, ceci permettant de limiter les pertes en utilisant un maximum de ressources (elles sont fixées à l’aide de bracots, petites pointes).
«Les Biroussans sont économes, poursuit Yves Rougès, tout était réutilisé et réalisé avec les matériaux du coin […] nous sommes ici au cœur du PNR et d’une zone Natura 2000, ces granges sont à présent des résidences secondaires qui doivent désormais être réaménagées en suivant un cahier des charges précis afin de na pas dénaturer le site.
Il s’agit également de préserver ces bâtiments d’estive comme témoins architecturaux d’une civilisation agropastorale.
Aussi leur usage est-il limité aux usages agricoles, à l’habitat saisonnier pour les particuliers et en hébergement touristique de type refuge d’étape.
On ne peut ouvrir une fenêtre ou construire une cheminée sans en avoir fait la demande préalable à l’administration compétente et bien que l’aménagement libre soit toléré, il doit respecter les normes du CAUE […]
Un projet d’éco-gîte doit voir le jour sous peu, une manière de faire partager ce paysage unique avec les amoureux de nature»
Des aides sont également disponibles pour les propriétaires désireux de valoriser ce patrimoine bâti montagnard (plan ardoise en Couserans par exemple).
Il suffit de se renseigner auprès des techniciens du PNR qui organisent également des sorties thématiques en relation avec les associations et les offices de tourisme (voir le programme).
Pour en savoir plus:
Biros: 05 61 96 10 90; christine.borie@tourisme-biros.com
Castillonnais: 05 61 96 72 64; otcastil@club-internet.fr
Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises: 05 61 02 71 69
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