Selon une source de l’hôpital du CHIVA à Foix, on commence à désespérer, «on parle beaucoup de ce monsieur Polanski qui est incarcéré depuis le 25 septembre. Et bien, Pitchou, c’est la même chose sauf qu’il n’a rien fait»
A la fin du mois de septembre dernier, le jeune Congolais de 16 ans au nom improbable débarque au commissariat de Pamiers. Etant mineur, le procureur prononce son placement dans un foyer.
Mais pas de chance, les foyers sont pleins et le Conseil Général est parti en bataille contre l’arrivée massive de mineurs sans-papiers en Ariège et demande à l'Etat de prendre ses responsabilités. (voir notre article du 09/10/2009).
«Une charge trop lourde pour le département, selon le président du Conseil Général Augustin Bonrepaux, qui représente 1 million et demi d’euros c'est-à-dire 12% des crédits affectés à l’enfance dans le département»
Le jour de son arrivée, Pitchou fait un malaise (sûrement parce qu’il n’avait pas mangé depuis plusieurs jours), il est donc conduit à l’hôpital et se rétablit rapidement.
Il ne quitte pas pour autant sa chambre d’hôpital et le service pédiatrie qui l’a accueilli, puisque cette situation aberrante dure depuis deux mois maintenant.
En fait, Pitchou est prisonnier d'un conflit politico-institutionnel qui le dépasse largement.
Pour le Conseil Général, les mineurs sans papiers devraient être à la charge de l'Etat et non pas des contribuables locaux.
De plus, l'Ariège voit affluer un nombre important de ces jeunes, dans des proportions bien supérieures à d'autres départements, d'où une grogne grandissante.
Au CHIVA, ces considérations sont jugées compréhensibles, mais l'adolescent est bien là et commence à s'impatienter, tout comme l'équipe médicale qui tente de régler au mieux la situation.
Selon une source de l’hôpital, le jeune est «désespéré et complètement paumé. Il ne comprend plus ce qui lui arrive et pourquoi il est là.
Nous essayons de l’occuper et d’être tourné vers l’avenir (il voudrait être électricien et faire un apprentissage) mais c’est très difficile. C’est un gamin attachant et désespérant à la fois»
Selon Christian Morisse, coordinateur de RESF (Réseau Education Sans Frontière), «le Conseil Général et l’Aide Sociale à l’Enfance nous disent qu’ils cherchent des solutions.
Il y en a, mais ils n’ont manifestement pas envie de les trouver. C’est une situation lamentable qui maintenant parait plus relever de l’obstination que d’un vrai problème»
Quant à la question qui fâche: qui paye ces longues journées d’hospitalisation? La réponse est tout aussi incroyable.
Comme le jeune homme a monté un dossier de CMU (Couverture Maladie Universelle), c’est désormais la sécurité sociale qui règle la note.
Pour le coordinateur de RESF, «la facture s’élève à 520 ou 530 euros par jour.
Je pense que la «Secu» n’avait pas besoin de ça. Cela coûte 4 fois plus cher que dans une prise en charge classique»
Si on fait le calcul pour deux mois d’hospitalisation de ce jeune garçon en parfaite santé, le conflit a couté en tout 31 800 euros.
Un chiffre qui ne contribue pas à régler durablement le conflit entre Etat et collectivités locales et qui ne fait que creuser un peu plus la dette record de la sécurité sociale.
En attendant, Pitchou rêve toujours de devenir électricien…
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Arrivée de Mineurs étrangers: une situation inextricable pour l'Ariège
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