En novembre 2009, le CHIVA avait déjà connu une vague d’agitation, la direction était accusée de vouloir supprimer une vingtaine de postes suite à la mise en place du plan de retour à l’équilibre (PRE).
Aujourd’hui l’établissement hospitalier est le seul du département à être en excédent, il recrute du personnel qu’il titularise et après avoir engagé 10M€ d’investissements pour l’année 2010 entend bien poursuivre son développement en maintenant un volume d’activité le positionnant face à l’organisation de santé toulousaine.
De son côté l’intersyndicale CGT-FO dénonce le malaise et les problèmes qui règnent au sein de l’établissement hospitalier.
«Depuis plusieurs mois, sous prétexte d’économies, la direction considère les agents du CHIVA comme la seule variable d’ajustement au mépris des conditions de travail»
L’antienne est reprise en chœur par Jacques Gomes (CGT) et Marie-Odile Soula (FO) : fermeture de lits intempestives avec suppressions de binômes, manque d’effectifs, surcharge de travail, flexibilité des plannings, mise en place d’horaires inférieurs à 7h42, congés annuels imposés, refus des trois semaines consécutives l’été, heures supplémentaires non comptabilisées, rappel d’agents, temps partiel non respectés…
Selon eux tous les services seraient menacés : Urgences, Bloc, Réanimation, Dialyse, Pédiatrie, la Pharmacie…
«Nous ne nous contenterons pas de mesurettes et de compilation de bonnes intentions» a indiqué l’intersyndicale face aux salariés dans le hall du Chiva ce matin.
La nouvelle loi «Hôpital, patients, santé et territoires» met le patient au cœur de l’offre de soins mais en contre partie «les lignes doivent bouger», car on raisonne désormais en pôle de santé.
«La flexibilité nécessite de faire des efforts, de réorganiser les effectifs et pour les syndicats le problème est sensible» explique Claude Lavigne directeur du CHIVA.
«Nous sommes obligés d’ajuster les ouvertures de lit au flux des patients qui fréquentent notre établissement…
Il n’y a pas de suppressions de poste, nous renforçons le volant de flexibilité et nous consolidons la baisse d’effectifs par un retour à l’activité car le pari que nous avons pris c’est la relance de l’activité, d’ailleurs le comité technique paritaire d’avril devrait valider cette nouvelle organisation du travail.
Le Chiva représente un centième de la population du département de l’Ariège, nous éditons 1400 feuilles de paie tous les mois et la masse salariale mensuelle représente 5M€.
70% du budget est consacré au personnel et depuis 2006 date de mon arrivée à la tête de cet établissement nous avons créé 30 postes de médecins et recruté plus de 200 agents médicaux …avec cela la population est en droit d’attendre un service de qualité sinon elle se dirige vers Toulouse ou Carcassonne»
Cette nouvelle organisation imposée par la loi nécessite des adaptations, «les agents de santé habitués à travailler dans un service particulier doivent être capable d’intégrer un pool de santé dans un autre galet de la structure»
Quant aux dates des vacances d’été stigmatisées dans les revendications syndicales, «on ne peut tout de même pas fermer le CHIVA l’été sous prétexte que tous les salariés veulent partir en juillet-août ! » s’indigne Claude Lavigne pour qui le dialogue avec les syndicats est loin d’être rompu.
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