Pour certains c’est du bruit, au mieux des onomatopées… pour d’autres plus ouverts à la musique contemporaine, c’est de la musique expérimentale ou de la musique électroacoustique.
Il est vrai qu’au-delà des repères mélodiques imposés par la musique classique on est vite déboussolé lorsque l’on écoute Grégory Marteau, compositeur, musicien intervenant dans une classe de 3e du collège Lakanal à l’invitation de Marie-Dominique Villa, professeur d’éducation musicale.
En guise d’introduction il évoque le pionnier de la musique électroacoustique, Pierre Schaeffer qui à la fin des années 40 impose sa conception musicale basée sur la juxtaposition et la transformation de sons naturels (enregistrés à l’époque sur disques souples en cire).
Ensuite le compositeur poursuit ses explications sur les frères Baschet dont la recherche fondamentale en acoustique aboutira au début des années 50 sur la réalisation de structures sonores d’un rare exemple d’innovation: cristal, structures percussives, tôles à voix…, un matériel pédagogique pour l’éveil musical que Grégory leur fait toucher concrètement du doigt.
Au début ces jeunes adolescents sont dubitatifs.
Comment peut-on arriver à produire du son sur de tels instruments ?
Mais très vite en suivant les consignes, sur un registre ludique, les jeunes se laissent prendre au jeu.
«Ce système permet de classer les sons, selon l’intensité des émotions que l’on veut faire passer», explique Hugo, dont la créativité est boostée par ces curieux «instruments à restituer des sons»
Très vite ils s’aperçoivent que le son est quelque chose qui bouge dans la pièce, il peut être amplifié, diffusé de manière différente selon que l’on utilise une baguette ou ses propres doigts.
Une pratique instrumentale qui sort des sentiers battus dans un espace musical contemporain encore trop méconnu.
Grégory Marteau a commencé ses études musicales par le piano puis le saxophone, mais ce passionné de musique contemporaine s’est rapidement tourné vers l’électroacoustique où il débute son cursus de composition au Conservatoire de Toulouse dans la classe de Bertrand Dudebout.
Depuis plus d’un an sa réflexion l’a poussé à travailler à partir des structures sonores Baschet sur leurs applications dans la pédagogie de l’éveil (tant pour les enfants que pour les personnes en situation de handicap).
C’est donc naturellement qu’il intervient en milieu scolaire.
Marie-Dominique Villa a souhaité un prolongement au travail réalisé au premier trimestre faisant jour aux aspects de la musique contemporaine, notamment la découverte de l’objet sonore dans le quotidien.
«Les élèves sont à l’écoute des gestes de Grégory Marteau, ils associent une recherche de son. Il s’agit d’un complément de la codification traditionnelle de la musique […]
C’est une expérience unique, il y a une démarche pédagogique pour une approche contemporaine de la musique. Nous avons étudié au début de l’année «Etudes au Chemin de Fer» de Pierre Schaeffer, un des pionniers de la musique concrète.
Avec le temps cette musique s’est galvaudée dans la pop, le rock, la techno, si bien que le concept de musique concrète fait partie aujourd’hui de notre quotidien»
Et de la musique conceptuelle à la musique ancienne, il n’y a qu’un pas que Dominique Villa entend bien faire franchir à ses élèves.
Le mois prochain, Laurence Postigo et Béatrice Pornon, deux artistes qui se sont produites l’été dernier dans le cadre du festival Musica del Temps Passat à Roquefixade, évoqueront avec les élèves de 5e la lutherie.
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