Des jeunes coupés du monde, un peu associaux, indécollables d'un écran d'ordinateur...
C'est ce stéréotype de l'accro aux jeux vidéos que les membres de l'«Association Réseau Lan» de Mirepoix veulent court-circuiter pour de bon.
Créé il y a environ un an, le groupe (moyenne d'âge 17/18 ans) organise des nuits de «jeu en réseau», dit «LAN» (en anglais «Local Area Network»).
Dans une salle prêtée par la mairie, ils se réunissent avec leurs ordinateurs (entre 25 et 30 jeunes), se branchent en réseau sur un serveur informatique, et c'est parti pour une nuit de folie dédiée à des jeux de stratégie ou de combat, où l'on s'affronte en équipe.
Et cela de 18h le soir jusqu'à 9h ou 10 h le lendemain matin, pendant 2 nuits consécutives.
«On fait ça environ 5 ou 6 fois par an» explique Florian, aficionado des jeux en réseau depuis des années.
Pour Benjamin, président de l'association de joueurs, «maintenant, ça commence à entrer dans les mentalités. La chasse aux sorcières est terminée !»
Et ce dernier ne tarit pas d'éloges sur cette nouvelle forme de communion numérique, «beaucoup de gens pensent qu'on est coupé du monde et que c'est presque pathologique.
Mais au contraire, c'est un lieu de rencontre, d'échange, et de socialisation. Ces stéréotypes viennent de certains excès qui ont pu être mis en avant»
Ces jeux vidéos devenus passion sont même intégrés par certains dans le parcours professionnel.
C'est le cas de Florian qui a entamé des études en «réseaux et télécommunications» après avoir d'abord été un simple adepte des jeux: «j'ai commencé à m'intéresser aux jeux vidéos à partir de la 6ème.
A l'époque, on jouait à environ 10 personnes»
Du côté des parents, ces LAN aux relans un peu addictifs et hypnotiques, ont le don d'inquiéter.
Pour une des rares jeunes filles présentes pour cette nuit virtuelle, «chez moi ils s'inquiètent surtout parce qu'il n'y a que des garçons !»
Selon cet autre joueur, «tous les parents ont à peu près le même comportement.
Au début, ils sont réticents, puis se rendent compte qu'il n'y a pas de problème et se détendent»
Quant à Benjamin, il s'étonne «certains s'angoissent quand leur enfants participent à une LAN, mais ne sont pas inquiets quand leurs enfants passent la nuit en boîte. Ca me paraît très bizarre !»
Aujourd'hui, à travers leur association, ces jeunes cherchent à faire connaître et agrandir ce réseau.
Mais aussi à mieux s'organiser. Car ce loisir a un coût. Les organisateurs ont par exemple du sortir de leur poche 600 euros de matériels (sans compter l'achat des jeux).
Mais pour le président, les jeux vidéos ont un effet inimitable «ça permet de voir des choses qu'on a pas forcément l'occasion de voir ou de vivre dans la vie de tous les jours.
Il y a par exemple des jeux de rôle où on incarne quelqu'un en armure et épée [...]
La grande différence entre le cinéma et les jeux vidéos, c'est qu'on passe du rôle de spectateur à celui d'acteur»
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