La période estivale est aussi le temps d’un chassé croisé d’un autre type, pas seulement sur les routes.
C’est en effet celle ou l’on choisit généralement de changer de logement, profitant du temps des vacances, d’une météo plus clémente de manière à pouvoir «être prêt pour la rentrée», qu’elle soit professionnelle, scolaire, voire les deux.
Les locataires quels qu’ils soient ont des devoirs vis-à-vis de leurs loueurs, actuels et futurs. Ils ont aussi des droits.
Plusieurs lois régulent les relations entre propriétaires et locataires. Pour autant, flous ou vides juridiques, méconnaissance des textes par les professionnels eux-mêmes voire malveillance délibérée de certains, une recrudescence des litiges liés au logement est constatée.
Dans un reportage à paraître prochainement dans son mensuel, l’UFC Que Choisir fait part de ses inquiétudes sur le sujet et entend interpeller les pouvoirs publics pour clarifier la situation et faire simplement appliquer les textes.
C’est sur la base d’une enquête anonyme réalisée dans tous les départements de France que l’UFC établit un constat préoccupant.
Pour l’agence locale de l’Ariège, dont le siège est à Saint-Girons, le même constat s’impose.
Avec 11% de l’ensemble des litiges traités par l’association, ce chiffre marque une progression significative par rapport aux années précédentes.
En position de faiblesse lorsqu’il prend un nouveau logement, le locataire accepte des conditions, qui à sa sortie, peuvent être sources de conflits, face à des loueurs imposant des pratiques parfois contraires à la réglementation.
Globalement, la majorité des litiges concernant la location portent pour 11% sur un bail en cours (travaux, régularisation des charges, quittances, etc…) et 16% sur la fin de bail, en particulier l’état des lieux et la récupération du dépôt de garantie.
L’enquête réalisée anonymement auprès des agences immobilières appartenant à un réseau national complète cette approche sur les conditions d’accès à la location et le respect des obligations règlementaires. Les résultats dans l’ensemble sont plutôt corrects.
Cependant, des progrès resteraient à faire sur l’information du bien loué, la liste des documents demandés au locataire (certains sont strictement confidentiels), les services et conseils fournis au locataire.
Enfin, les honoraires de l’intermédiaire sont considérés comme élevés en regard du service, allégé lui.
Et l’association de rappeler qu’aucun frais autre que celui relatif à l’établissement par l’agence de l’acte de location n’est dû par le locataire (il supporte parfois de manière abusive les honoraires de transaction de l’agence et souvent la rédaction de l’état des lieux qui de plus ne lui est pas systématiquement remis).
L’association soulève aussi les litiges nés d’un parc locatif plutôt vétuste en Ariège et pointe du doigt des propriétaires-bailleurs, mal informés des lois, louant directement des biens, bafouant souvent à leur insu les obligations légales d’un domaine pourtant très réglementé.
Alors que les locataires du secteur privé sont ceux pour qui le poste logement pèse le plus dans le budget, à hauteur de 23% selon la fédération, contre 20% pour les accédants à la propriété et 18% pour le logement social, les pratiques constatées en Ariège comme à l’échelon national ne facilitent pas l’accès au logement.
Sources de conflit parfois au moment de l’entrée et surtout au moment de la sortie du logement, le simple respect des textes déjà existants sur les obligations des bailleurs comme de leurs locataires permettrait indubitablement d’apaiser les relations entre les uns et les autres dans des situations déjà stressantes par les changements qu’elles impliquent.
Pour l’heure, à la sortie de sa dernière assemblée générale réunissant fin mai à Bastia, toutes les antennes locales à l’occasion des 60 ans d’existence, la fédération UFC Que Choisir a décidé d’interpeller les pouvoirs publics à tous les échelons afin d’améliorer les pratiques constatées dans le marché du logement locatif.
Ses préconisations en la matière ont été reprises dans un document global dit «Pacte consumériste», soumis à l’ensemble des candidats aux prochaines élections présidentielles, qui entend replacer le citoyen au cœur des préoccupations liées à la consommation.
Plus d’infos sur ce thème:
UFC Que Choisir
05.61.66.03.66 (Bureau de St-Girons) ouvert les mardi et vendredi de 10h à 17h30
ufcquechoisir09@orange.fr
www.Ufcquechoisir.org.
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