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Mazères: grève éclair ce vendredi matin chez Maz'Air

© midinews 2014

Il y a deux ans jour pour jour que le groupe de sous-traitance aéronautique français Airia SAS a annoncé son rapprochement avec le groupe anglais Gardner Aerospace, au terme d'un an de tractation.

Un mariage célébré le 26 avril 2012 par le biais d'une acquisition de 100 % du capital d'Airia et de toutes ses filiales par l'Anglais Gardner Aerospace.

Cette alliance concernait directement la société Maz'air (210 salariés, 46M€ de CA) dont son site ariégeois est situé à Mazères, spécialisée dans la production et l'assemblage d'éléments métalliques et composites aéronautiques et notamment la chaudronnerie aéronautique, l'usinage mécanique de précision des métaux durs tels que le titane.

Gardner Aerospace est contrôlé par le fonds d’investissement Better Capital, coté au London Stock Exchange, qui a levé plus de 200 millions de livres depuis sa création en 2009. De quoi apporter une bouffée d’oxygène dans les finances du groupe Airia et d’avoir les capitaux nécessaires pour les investissements industriels relatifs au programme de l’A 350.

Car entre temps Airia a été retenu par Airbus pour fournir la partie secondaire du mat réacteur de cet avion mais le groupe doit autofinancer l’industrialisation et les investissements nécessaires. Cette commande porte sur les 800 premiers exemplaires de ce nouvel avion dont le programme a aujourd’hui pris un peu de retard mais qui caracole cependant en tête des ventes de long-courriers, avec 812 exemplaires commandés depuis son lancement en 2006, contre 694 pour l'A330 et 190 pour l'A380.
Un mouvement social éclair contre un hypothétique plan social d’une dizaine de personnesCe vendredi matin à l’appel de l’intersyndicale (CGT-FO et CFDT), la moitié du personnel de l’usine mazérienne a débrayé et s’est mobilisée pour attirer l’attention contre un projet de licenciement économique qui devait toucher de 5 à 9 personnes.

«Nous avons mandaté un cabinet car nous ne comprenons pas, nos emplois sont sous-payés, la richesse stagne chez les donneurs d’ordres à cause du retard enregistré par le projet de l’A 350 et nous avons appris au cours d’un CE extraordinaire avec l’actionnaire principal qu’il y avait un projet de licenciement pour faire des économies. Airia est pourtant nous semble-t-il un groupe rentable» s’interroge David Papy délégué FO.

«Ce plan économique ne concerne que de la main d’œuvre indirecte (du personnel administratif) mais il est question de 142 actions au sein du groupe pour faire des économies… quand on sait que l’actionnaire principal est un fond d’actions coté à 1 milliard de livres sterling, c’est un peu difficile à avaler» poursuit Michel Avoiron de la CGT qui pense que ce groupe est très rentable mais regrette que les salariés ariégeois ne soient payés que 10€ de l’heure avec souvent plus de dix ans d’expérience alors que le programme de l’A350 sera certainement très rentable pour le groupe.

«Airbus a imposé les ressources, tant au niveau du recrutement que du matériel mais ici on ne voit toujours pas la couleur de cette trésorerie» poursuit Hélène Gonzalez de la CFDT qui souligne également les mauvaises conditions de travail:

«Il y a des risques psycho sociaux, nous dénonçons le manque de moyens de travail et les frais induits générés par le retard du programme de l’A350. Nous demandons à la direction davantage d’écoute»

La direction avec à la tête du site Pascal Hubert, nouveau directeur d’établissement, a reçu en fin de matinée les représentants du personnels et les a certainement entendus puisqu’en début d’après midi tout était déjà réglé: «Ils sont revenus sur ce plan de licenciement, transformé en départs volontaires à la retraite et on nous paiera même les heures de débrayage» précise David Papy, cependant bien décidé à rester vigilent.
Tout décalage nécessite quelques ajustementsChacun reste dans son rôle et selon la direction du groupe Airia jointe au téléphone, «le jeu syndical rentre en ligne de compte dans ce mouvement social éclair. Nous avons eu une réunion ce matin, suite au débrayage du personnel. Une légère et nécessaire adaptation de l’effectif est nécessaire et consentie. Le comité d’établissement va être renouvelé dans les deux mois à venir, on peut comprendre que les différents partis en présence veuillent se positionner à la veille de ces élections», indique Christian Périchon, directeur général du groupe, satisfait que le personnel ait repris le travail et que tout soit rapidement rentré dans l’ordre.

«Nous sommes passés dans un schéma de dialogue. Nous rencontrons des soucis communs à beaucoup de sous-traitants d’Airbus, confrontés au décalage du programme A350 par rapport aux structures mises en place par les donneurs d’ordres. Et tout décalage nécessite quelques ajustements»

Aujourd’hui la chaine d’assemblage de l’A350 est installée et n’attend plus que le feu vert pour démarrer.

Laurence Cabrol | 25/04/2014 - 18:47 | Lu: 25375 fois