Fin Octobre, Phil Bence, spéléologue ariégeois, professionnel du Bureau des Guides et organisateur du Festival Explos à Ax les Thermes, sera en partance pour un voyage hors du commun, en tant que «spécialiste explorateur spéléologue»
Depuis 2008, l’aventurier de l’extrême Mike Horn mène l’expédition Pangaea. Il s’agit d’un tour du monde de quatre ans sur un bateau, où il embarque avec lui de jeunes sportifs venus des quatres coins du monde.
L’objectif: faire passer un message environnemental en montrant l’impact de l’homme sur les écosystèmes.
«Nous lui avons proposé d’intégrer de la spéléologie dans le périple, raconte Phil Bence, il a trouvé ça très intéressant. Nous le rejoindrons donc pour la partie Indonésie/Malaisie du voyage»
Avec Erwan Lelann, ils seront les deux seuls Français à prendre part à cette partie de l’expédition. Considéré comme un des plus grands aventuriers de notre époque, voyager aux côtés de Mike Horn n’est pas rien.
En 1997, il descendait en hydrospeed l’Amazone, sans assistance. Il a ensuite fait un tour du monde de 40 000 kilomètres par l’équateur à pied, à vélo et en bateau. En 2002, il s’est embarqué pour «ARKTOS», un tour du globe par le cercle polaire de 808 jours.
Mais avec PANGAEA, la démarche du voyage va au delà de la simple aventure. Selon Phil Bence, «les découvertes amènent la protection de nombreux sites. L’exploration a donc une vraie utilité.
Par exemple, suite aux découvertes de spéléologues, les «Mulu Ranges» à Bornéo ont été déclarés espace naturel protégé et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO»
Enfin, c’est aussi la question de la transmission qui est au cœur du projet. Phil Bence amènera la dizaine de jeunes venus du monde entier découvrir le réseau Clearwater à Mulu en Malaisie, et surtout la salle de «Sarawak»
Il explique: «c’est le plus grand volume souterrain connu à ce jour. Il fait 800 mètres de long, 600 mètres de large, 100 mètres de haut.
Il faut d’abord marcher 3 ou 4 heures dans la jungle, remonter une rivière souterraine, puis traverser des galeries fossiles. On mettra un ou deux jours, en bivouaquant sous terre.
Ca dépendra du rythme de progression des jeunes. Dans tout les cas, je crois qu’ils en prendront plein les yeux !»
Mike Horn n’étant pas lui-même spéléologue, il n’avait à la base pas inclu ce sport dans le programme.
Pourtant, selon Phil Bence, les sous-sols sont d’excellents témoins des changements environnementaux en cours, «c’est un milieu très sensible, très lié notamment au problème de l’eau.
Par exemple, les milieux calcaires sont particulièrement exposés aux pollutions diverses puisque tout passe. Bref, quand on pollue la montagne en surface, on retrouve tout sous terre.
En faisant de la spéléologie sous une station de ski par exemple, il arrive que l’on trouve des polluants; du mazout par exemple»
La spéléologie aura donc toute sa raison d’être pendant quelques jours au sein du projet de Mike Horn.
L’expédition PANGAEA continuera quant à elle jusqu’en 2012.
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