Si on imagine Philippe Faur en plein travail, on se le représente plutôt en tablier blanc, en train d’inventer un nouveau parfum de glace délicieusement surprenant.
Mais une fois par semaine, c’est en pantalon de ski et une tronçonneuse à la main que l’on retrouve le célèbre maitre artisan, qui est aussi sculpteur de glace.
Cet aspect peu connu de la profession de glacier a en fait des origines lointaines.
Au XIXème siècle, le froid mécanique n’existe pas. Hôteliers, restaurateurs et brasseries vont donc chercher des blocs de glace en montagne pour maintenir aux frais leurs produits.
Les plus talentueux d’entre eux commencent à donner vie à la glace pour rendre les buffets flamboyants.
Aujourd’hui, Philippe Faur fait partie de ceux qui ont repris le flambeau.
Et pour aller jusqu’au bout de son art, chaque semaine, il s’entraine pour le concours de meilleur ouvrier de France dont les sélections auront lieu en Février. L’enjeu est de taille: c’est le concours le plus prestigieux de sa profession sachant qu’il vient de recevoir le prix de champion de France de sculpture sur glace.
L’œuvre qu’il prépare assidument servira de support pour ses fabrications glacées, sur le thème du Brésil.
Le travail de cette glace aux airs de cristal est méticuleux.
Affinant les courbes de son œuvre, Philippe Faur explique «c’est une matière très paradoxale. Au départ le bloc fait 120 kilos, c’est très dur et très solide, mais à la fois très fragile»
Il faut donc trouver le bon équilibre, être précis et rapide, «j’aurais environ une heure pour réaliser la sculpture. Il faut que je l’ai parfaitement en tête pour n’avoir aucune hésitation»
Car cet art, en plus d’une patiente sans limite, se nourrit d’une grande minutie. «J’ai toujours été perfectionniste» confie le sculpteur, mettant tout son cœur dans une œuvre qui disparaitra irrémédiablement, «ça n’est pas frustrant car c’est un art par nature éphémère. En 3 ou 4 heures, les œuvres disparaissent»
C’est peut être aussi cela qui leur donne cette beauté si particulière.
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