Quand Pierre-Jean Faux fait la bière à Saint-Girons, tout le quartier le sait agréablement…
La boisson en préparation dégage cette belle odeur de houblon et d'orge jusque dans la rue, mélange de céréales cuites et de parfums sucrés et âpres à la fois.
C'est dans ce monde aux senteurs uniques que le brasseur installé à Saint-Girons se plonge avec son épouse, durant les longues journées de fabrication.
«Avant d'être brasseur, j'étais distributeur, raconte-t-il, donc je livrais déjà la bière, et j'avais un réseau de cafetiers, de distributeurs et de revendeurs.
Mais j'ai du revenir à l'école car entre vendre et faire de la bière, il y a une grande différence !»
Tout ce travail et l'audace de venir s'installer dans une région peu attachée culturellement à la bière viennent d'être récompensés récemment, par un trophée de l'innovation, remporté dans la catégorie commerce.
Il trône désormais dans la boutique embrumée par la vapeur quand les cuves fulminent.
Entre les pompes qui tournent et les agitateurs qui grondent, le producteur confie: «c'est vrai que ça n'a pas été évident: on ne rentrait jamais dans les cases.
Les gens ne connaissaient pas les brasseries. Il a fallu qu'on se débrouille et qu'on informe les gens.
Malgré cela, la bière est un produit assez universel: il y a cent ans, il se fabriquait de la bière partout même en Ariège.
On est dans un pays où on a déjà brassé, sûrement même avant de faire du vin»
Enfin, les Pyrénées disposent du principal atout pour faire de la bonne bière, «l'ingrédient essentiel, c'est l'eau. Car la bière est tout simplement une infusion.
Ici, on arrive à avoir une bière excellente car on a une eau extraordinnaire dans les Pyrénées»
Avec une capacité de 1000 litres à chaque fabrication, le parcours de l'eau dans la brasserie jusqu'à devenir bière est long mais plutôt simple.
Tout se passe à l'intèrieur de cuves qui bouillonent à l'abri des regards:
Le point de départ est l'infusion de l'orge dans l'eau chaude, dont la chaleur augmente par palliers (c'est l'orge qui définit la couleur de la bière: blonde, brune, ambrée, blanche).
Une fois que l'infusion à l'orge est terminée (elle dure entre 2 h et 2h30), il reste les écorces et les grains que l'on retire pour les mettre dans des bassines.
Ces résidus de la brasserie seront donnés au bétail qui en raffole.
Le jus obtenu est ensuite récupéré et mis dans une cuve portée à ébullition pour le stériliser.
C'est là que l'on met le houblon (plante grimpante dont on utiise le pollen) pour l'aromatiser.
Mais ce que l'on obtient alors n'est pas encore alcoolisé...
Il faut envoyer ce qui n'est encore que du jus sucré dans de nouvelles cuves pour la fermentation, qui se fait grâce à des levures: elles digèrent le sucre et le transforment en alccol et en gaz.
Cette étape dure 15 jours, puis la bière est mise en phase de maturation, où la température baisse pour faire poser les levures pendant trois semaines.
Il faut donc un mois et demi environ avant de pouvoir mettre en bouteille le breuvage devenu bière.
A travers ces gestes devenus habituels, Pierre Jean Faux retrouve dans chaque journée de fabrication ce qui lui fait aimer son travail «faire soi même un produit du début à la fin»
Pour en savoir plus: Brasserie Artisanale d'Ariège Pyrénées
05 61 96 60 01
www.bieres-ariege.com
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