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Pierre Rouch fait revivre la musique populaire des Pyrénées
25/02/2010 | 19:46
© MidiNews 2010

Décidément les idées reçues ont la vie dure!

Généralement il est de coutume de penser que seuls les Ecossais jouent de la cornemuse… après avoir rencontré Pierre Rouch, facteur d’instruments traditionnels, tous les préjugés tombent à l’eau.

Originaire d’Alzen, Pierre fait des études de droit à Toulouse quand il franchit par hasard les portes du Conservatoire Occitan avec la vague idée d’apprendre à jouer de la cornemuse.

Très vite, il se prend au jeu et se passionne pour cet instrument à vent typique des Pyrénées.

Au début, c’est le luthier Robert Matta qui fabrique ses instruments et ceux de son premier groupe, les Gadalzen mais comme tout musicien il rêve de pouvoir un jour les fabriquer lui-même.

Une formation Adepfo (Association de Développement des Pyrénées par la Formation) lui permet d’accomplir sa passion dans la facture instrumentale… et la distillation (il devient également bouilleur ambulant).

Depuis une dizaine d’années, Pierre Rouch a installé son atelier de facture instrumentale dans la vallée d’Arbas où sa porte est toujours ouverte aux musiciens qui partagent sa passion.

Désireux de construire des instruments oubliés ou inédits il nous a fait découvrir les sonorités particulières des hautbois du Couserans et des cornemuses du Languedoc, du clari, instrument pastoral des Pyrénées centrales… et de bien d’autres.

Pour lui la musique traditionnelle ne doit pas rester figée, il l’a fait évoluer à travers les «améliorations» qu’il apporte aux instruments ou par l’intermédiaire des groupes dans lesquels il joue.

Car il a beau être imprégné de culture pyrénéenne, le répertoire traditionnel peut faire émerger des mélanges insolites: du jazz-rock avec les Gadalzen, de le musique berbère avec Mosaïca ou des échanges plus colorés de part et d’autre les Pyrénées avec la Fanfare Transpirenaica composée de musiciens aragonais, bigourdans et ariégeois («c’est un jumelage musical»).

«Nous avons beaucoup de chance, en Occitanie il existe une dizaine de cornemuses totalement différentes […]

Historiquement, elle est arrivée d’Asie du Sud-Est, elle est passée par l’Afrique du Nord, puis le Sud (Espagne, Portugal, Italie, Sud de la France) avant d’arriver en Bretagne et de traverser la Manche, vers l’Ecosse, l’Irlande
»

Cornemuse et hautbois, utilisés de temps immémoriaux, appartenaient à la fois au profane et au sacré, ils étaient joués chez les puissants comme chez les plus humbles et faisaient partie intégrante de la tradition musicale du Pays d’Oc.

Suivant un processus constaté dans la plupart des régions d’Europe occidentale, un certain nombre de traditions musicales ont très fortement décliné et parfois disparu, dès le XIXe siècle, entraînant la disparition de ces instruments traditionnels.

C’est grâce aux travaux de recherche (musées, collecte de la mémoire de tradition orale auprès des anciens, archives…) que les facteurs d’instruments ont réussi à les restaurer, les reproduire et les musiciens à les faire vivre à travers des répertoires variés.

Antoine, professeur de cornemuse occitane au conservatoire départemental de l’Aveyron, témoigne de cet engouement pour les instruments traditionnels.

«Cet instrument est physiquement impressionnant, attirant […] mes élèves ont toujours rêvé d’apprendre à en jouer, certains viennent du Tarn pour suivre mes cours […]

Si à l’époque il se jouait en solo, actuellement de nombreuses formations rock n’hésitent plus à introduire une cornemuse dans leur groupe
»

Et si François Souques, dit Pigahles (1873-1936), de Sentein est allé jusqu’à Londres en 1925 jouer du hautbois, Pierre Rouch a vendu récemment trois Bodegas, ou cornemuses du Languedoc, à Chicago…

Site Internet: www.bouilleurdesons.com

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 25/02/2010 | 19:46 | Lu: 16113 fois