Pour l’enfant du Pays d’Olmes, Claude Labatut, chef de l’expédition Manaslu 2010, l’aventure a débuté ce matin à 6h sur l’aéroport de Toulouse-Blagnac, après plusieurs mois de préparation, une dernière semaine très tendue à s’assurer de n’avoir rien oublié et les interminables heures de tension et d’impatience avant le décollage.
Il a rejoint ses compagnons, l’orléanais Arnaud Pasquier, le montpelliérain Frédéric Heymes, le niçois Eric Cabanese, le nordiste Stéphane Portier, le cannois, Alain Bigard, le chamoniard, Raoul Albert et la grenobloise Elsie Lemordant, à l’aéroport Charles de Gaulle.
Le matériel technique et la nourriture d’altitude (soit 250 kg de fret) ont précédé les 8 alpinistes qui, après une escale à Barhein, atteindront demain matin Katmandou, capitale du Népal (822 930 habitants), située au confluent de la Bagmati et de la Bishnumati, à 1355 m d'altitude dans les contreforts de l’Himalaya.
Après les formalités administratives auprès du gouvernement népalais, les derniers achats en nourriture (denrées périssables notamment), la récupération du fret et la répartition des charges pour chaque porteur, les 8 alpinistes (qui porteront chacun 35 kg) entameront un treck d’approche de 7 jours.
Ils seront accompagnés de 70 porteurs jusqu’au camp de base à 4800 m qu’ils devraient atteindre le 26 avril.
Quelques heures avant son départ, Claude nous confiait son impatience: «Je me sens fébrile, j’ai hâte de partir […] de me mesurer à cette merveille de la nature et retrouver les sensations inoubliables que j’ai vécues sur le Cho Oyu et le Broad Peak […]
Un voyage au bout de soi-même pour oser abandonner ses certitudes, apprendre à accepter ce qui vient, ce que la nature nous offre, s’ouvrir à l’imprévu et aux autres.
Les autres, ce sont les habitants de ce pays, longtemps surnommé «le pays des dieux»
Nous irons à leur rencontre dans la vallée de Katmandou, creuset de la civilisation newar, imprégnée par la tradition et la ferveur religieuse, ou sur les chemins reculés qui mènent au Manaslu.
Une aventure d’expériences et de rencontres, faisant naître en nous la capacité à apprécier les choses de l’existence, à partir de ce que l’on vit au jour le jour et non plus seulement dans les grands moments.
Dans ces conditions extrêmes, s’occuper de soi sera difficile, pourtant il faudra pouvoir s’occuper de l’autre, atteindre le sommet ensemble. Et savoir aussi, si nécessaire, y renoncer pour l’autre…»
La technique utilisée sera celle définie comme une «expédition légère» : en parfaite autonomie, sans utilisation d’oxygène, et sans porteurs d’altitude.
Cette expédition qui repose sur le respect de l’homme et de l’environnement, la conscience de l’intérêt collectif, le respect des coutumes et des populations rencontrées.
Elle se déroulera en deux phases : la phase d’acclimatation qui commencera pendant le trek d’approche avec une première montée à 5100 m lors de la traversée du Larkya Pass.
Puis, la phase de sommet pour atteindre les 8163 m du Manaslu.
Ces deux phases seront séparées de plusieurs jours de repos au camp de base, de manière à récupérer avant de tenter le sommet. L’ajustement de la stratégie d’ascension se fera sur le terrain en fonction des éléments de la météo et de la forme des grimpeurs.
Ils consacreront un peu plus de trois semaines à cette ascension et installeront 3 ou 4 camps d’altitude à 5700, 6300, 6700 et 7400 m.
Claude remercie chaleureusement tous les sponsors locaux qui ont accepté de le soutenir dans cette aventure, à suivre sur www.ariegenews.com ou le site de l’expédition www.expe-manaslu.fr, où nombre de visiteurs qui se passionnent pour cet exploit ont déjà laissé de multiples messages d’encouragement pour toute l’équipe.
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