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Les membres de l'expédition Manaslu 2010 dans la tourmente
20/05/2010 | 20:57
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expédition Les membres de l'Expédition Manaslu 2010 ont décollé de Paris ce matin

Après l’installation du Camp de base (4800 m) et une première rotation au camp 1 (5700 m), les membres de l’expédition Manaslu 2010, menée par l’ariégeois Claude Labatut, ont rejoint le camp de base le 7 mai où ils ont assisté à la cérémonie de la Pùjà.

Un rituel cher aux Népalais et autres Tibétains, qui consiste en une cérémonie incantatoire et d’offrandes conduite par un Lama, monté expressément de Sama Goan.

Lors de cette cérémonie d’une grande profondeur spirituelle, qui a duré une heure trente environ sous la neige, le matériel d’altitude (piolets, crampons, etc.) a été béni, scellant définitivement des voeux de protection céleste et de réussite pour tous les membres de l’expédition.

Bloqués au camp de base par de fortes précipitations neigeuses, les 8 alpinistes, qui avaient prévu de rallier, dès le lendemain, le Camp 2, ont revu le planning des jours suivants, prévoyant d’enchaîner les camps 1, 2 et 3 en 3 jours.

Au matin du 9 mai, le soleil est à nouveau au rendez-vous.

Il les accompagnera jusqu’au Camp 1 où ils passeront la nuit avant de reprendre leur progression pour atteindre, après 5 h de marche, le Camp 2.

Une montée, alternant des passages sur corde fixe parfois raides (70°), des ponts de neige et des contournements de larges crevasses ou de séracs importants.

Après une nuit à 6400 m, une matinée radieuse et ensoleillée leur a permis un petit déjeuner au grand air avant l’ascension jusqu’au Camp 3.

Si l’itinéraire s’inscrivait sur de larges pentes peu raides (30°), l’ascension, rendue très difficile par un épais manteau neigeux dans lequel ils s’enfonçaient jusqu’à mi-cuisses, a nécessité pour chacun une dépense d’énergie physique très importante.

Pour compliquer encore ce défi, les conditions météo se sont détériorées, révélant le caractère himalayen de cette aventure.

Des vents importants et des pentes glacées ont rendu les cents derniers mètres très délicats.

Les premiers membres de l’équipe ont atteint, avec soulagement, un emplacement à peu près plat sous un sérac, espérant y trouver un refuge contre le vent et le froid.

Hélas, le mur de glace surplombant l’emplacement ne brisait pas les assauts du vent et c’est dans une ambiance polaire qu’une première tente très légère (simple toit) a pu être montée.

Sur place, deux anciennes tentes utilisées par une expédition coréenne, dont une déchirée et déformée par les bourrasques, étaient enfouies sous la neige.

Claude et ses compagnons, n’ayant pas prévu d’utiliser ces tentes témoignant du caractère inhospitalier de ce lieu, avaient emporté deux tentes supplémentaires pour abriter l’ensemble de l’équipe.

Coup du sort du Manaslu, peut-être pour tester leur valeur: une forte rafale de vent emporta une tente Ferrino au loin lors de son montage avant qu’elle ne soit solidement amarrée.

La perte imprévue de cette tente devant abriter 3 d’entre eux était dramatique, et pour aggraver la situation, le double toit de la troisième tente fût également arraché par le vent et les armatures brisées, ne laissant qu’un abri très aléatoire pour trois autres membres de l’expédition… à 6900 mètres.

La première tente coréenne étant occupée par les alpinistes italiens et polonais, seuls les restes de la seconde tente pouvaient éventuellement servir pour les protéger du vent et du froid.

C’est donc en la dégageant de sa prison de glace, en évacuant la neige accumulée à l’intérieur et en renforçant sa structure précaire avec des ancres à neige, qu’un petit espace d’un mètre carré a pu être remis en état pour abriter les trois occupants malheureux de la tente Ferrino disparue.

Dans le même temps, des efforts furent entrepris pour réparer et fixer la tente sans double toit, alors que deux membres de l’expédition, victimes d’hypothermie et extrêmement fatigués, erraient au milieu de ce décor dantesque.

Cette nuit là au Camp 3, le sommeil ne fut pas au rendez-vous.

Les occupants de la tente légère ont enduré des vents allant jusqu’à 120 km/h, craignant d’être emportés, à tout moment, par une bourrasque plus forte que les autres.

Dans la tente effondrée des Coréens, le manque d’espace initial s’est amplifié au cours de la nuit, la neige s’accumulant à nouveau contre les parois de la tente.

La troisième tente ne protégeait guère plus ses occupants, suite à la perte du double toit.

Au matin, les 8 alpinistes, éprouvés par cette nuit agitée, eurent le plaisir d’accueillir le soleil, malgré le froid mordant à cette altitude.

Sans prendre le temps de déjeuner, l’équipe s'est mise en route pour redescendre les 2200 m de dénivelé jusqu’au camp de base.

Une descente rendue difficile par les 60 cm de neige fraîche qui avaient recouvert les anciennes traces.

Réconfort pour tout le monde mais inquiétude pour Raoul Albert, victime de gelures aux mains, qui doit être rapatrié par hélicoptère dans les prochains jours.

Pour les autres membres de l’expé, le moral est très bon.

Malgré le caractère délicat de cette montée au camp 3, tous ont bien supporté ces conditions difficiles et la confiance des uns envers les autres a été scellée.

Plus que quelques jours et une fenêtre météo favorable pour que Claude et ses équipiers tentent l’assaut final…

A suivre sur le site officiel de l'expédition www.expe-manaslu.fr.

actualites Ariege
auteur: RB | publié le: 20/05/2010 | 20:57 | Lu: 31726 fois