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Les lézards victimes du réchauffement climatique
31/05/2010 | 20:37
© MidiNews 2010
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SCIENCES Une ère nouvelle pour le laboratoire du CNRS de Moulis

L’étude menée depuis dix ans dans les Cévennes, les Pyrénées Atlantiques et le département de l’Ariège montre que 20 % de ces reptiles pourraient disparaître de la planète d’ici 2080.

Une étude menée activement par Barry Siverno, de l’Université de Californie, et Jean Clobert, directeur de la station écologique expérimentale du CNRS de Moulis qui ont commenté pour nous les résultats de ces observations parues dans le magazine Science du 14 mai 2010.

Les lézards ne fabriquent pas leur propre chaleur ils l’emmagasinent en s’exposant au soleil mais ces reptiles ne sont pas armés pour affronter des changements brutaux de température; aussi quand celle-ci dépasse un seuil critique (c’est-à-dire au-delà d’un seuil optimal de tolérance, la température devient létale et menace la survie de l’individu) le lézard cherche à se protéger dans des trous ou cavités, il ne s’alimente plus et meurt de faim.

L’étude réalisée sur les lézards vivipares observés dans les Pyrénées et le Massif Central met au jour l’extinction locale de ces populations: 4% d’entre eux ont disparu depuis les années 1970 et 20 % pourraient disparaître sur l’ensemble de la planète si les courbes de température continuent ainsi à grimper.

D’autres espèces pourraient être touchées.

Pour le professeur Barry Siverno qui a réalisé des observations sur tous les continents, «si ces projections sont correctes, les lézards pourraient devenir les nouveaux amphibiens dans la course aux extinctions»

D’après lui, un processus similaire pourrait concerner les serpents qui comme les lézards sont des exothermes et régulent leur température intérieure grâce au milieu extérieur (soleil, humidité).

Actuellement, la station écologique expérimentale du CNRS de Moulis met en place un site expérimental unique au monde: le «métatron»

Il s’agit de quarante huit cages de cent mètres carrés connectées par soixante seize corridors où l’on réalisera prochainement des manipulations sur la température et l’humidité, elles permettront d’étudier les conséquences du réchauffement climatique sur la dispersion des espèces.

«Nous allons prendre en compte les prédictions des météorologues sur l’augmentation des températures dans les 15 à 20 ans à venir et nous allons créer des environnements où l’on observera les individus et leur mode d’adaptation.

Ces expériences permettront de valider nos modèles et d’apporter des solutions afin de lutter contre l’extinction des espèces
» (voir notre article du 21/12/09)

Les effets du réchauffement climatique sur l’évolution de la faune et de la flore sont désormais avérés.

De nombreuses études publiées dans la presse spécialisée dressent un constat préoccupant et les propos négatifs issus du Grenelle de l’Environnement ont décidé Jean Clobert et une soixantaine de spécialistes de la biodiversité à signer une lettre ouverte au président de la République afin de le sensibiliser sur la question:

«Il ne faut pas lâcher la réflexion sur les actions à mener car il y a un réel problème environnemental, indique le directeur du CNRS de Moulis, il faut bien prendre conscience que la catastrophe est à notre porte»

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 31/05/2010 | 20:37 | Lu: 13015 fois