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Coco de Pamiers: Mission "sauvetage" accomplie
10/09/2010 | 20:18
© MidiNews 2010

"Qui me tasto i tourno"... c'est le petit haricot blanc et rond dit "coco" qui s'adresse à nous depuis la nuit des temps à travers ces quelques mots en occitan: "celui qui me goûte y reviens"

Mais malgré ce proverbe élogieux, le haricot de Pamiers (idéal pour faire le cassoulet) était en voie de disparition.

Et c'est sur le site de l'abbaye de Cailloup qu'ont poussé les germes de sa renaissance, grâce à la volonté des membres de la Confrérie du coco de Pamiers.

A la mi-mai, ils ont planté 30 ares. Une partie a été récoltée en juillet, et l'autre il y a quelques jours.

Et ce vendredi, sous une lumière d'automne radieuse, et au pied de la petite église romane de Cailloup, c'est le battage des haricots qui a été mené de main de maître par les volontaires venus à la rescousse du coco.

Avec le passage au "batteur" d'abord (pour séparer le haricot de sa gousse), grâce à une vielle machine grondant à la mesure de son âge.

"Elle a environ 200 ans" précise Mr Touranq, collectionneur de machines agricoles venu participer aux opérations.

Vient ensuite l'étape du "ventilateur" pour enlever les premiers déchets (pailles, feuilles, terre).

Puis, c'est à la main que le tri final s'effectue, pour que les Appaméens puissent venir acheter les cocos sur place l'après midi même.

"Nous avons déjà 100 kg commandés" se réjouit Louis Claeys, président de la Confrérie du Coco à Pamiers.

Il ajoute "après la suppression de la culture en grosse quantité du coco dans le pays de Pamiers, nous avons décidé de maintenir cette tradition"

En effet, les agriculteurs en avaient peu à peu arrêté la culture, difficilement mécanisable et demandant la présence de nombreux ouvriers pour la récolte.

Selon Louis Claeys, "la première trace écrite du haricot (que l'on appelait le mounje) date du milieu du 17ème siècle (en 1654 très exactement).

Au 19ème, tout cela s'accélère: avec la pomme de terre et le maïs de plus en plus cultivés, le haricot se développe.

C'était une culture vivrière et alimentaire pour beaucoup car c'est un légume qui tient très bien.

Pamiers était alors le cœur commercial de la vente du haricot, même s'il était plutôt produit en plaine (vers Benagues, Mazères, etc.)
"

On connait la suite: la variété est abandonnée puis récupérée in extremis.

Jusqu'à ce vendredi 10 septembre 2010, où les fruits de la récolte des terres de Cailloup seront partagés en "Mounjetade" par les Appaméens, signe que l'histoire du coco est toujours en marche grâce au sursaut de quelques uns.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 10/09/2010 | 20:18 | Lu: 13809 fois