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Tarascon/Ariège: spectaculaire extraction du véhicule des deux octogénaires tombé dimanche dans l'Ariège

© midinews 2014
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L’histoire des deux mamies de 80 ans tombées dimanche dernier avec leur véhicule dans les eaux tumultueuses de l’Ariège a fait couler beaucoup d’encre.

Leur voiture a flotté plus de 500 mètres et a fini par s’immobiliser après le pont neuf, là où la rivière se sépare en plusieurs bras. Une fois stabilisée, les deux occupantes ont été extraites par l’arrière du véhicule et se sont fait hélitreuiller par les secours (gendarmerie et pompiers). Souffrant à peine d’hypothermie, l’eau n’étant que peu entrée dans leur esquif de circonstance, elles ont été tout de même transportées par précaution au Centre hospitalier du Val d’Ariège pour un bilan de santé de routine.

Par contre le véhicule est resté piégé dans la rivière et ce mercredi c’est l’entreprise Proudhom de Pamiers, spécialisée dans les dépannages périlleux qui est intervenue avec des moyens de levage adaptés.

Une fois de plus les tarasconnais ont été au spectacle à partir de 10h30 ce matin, l’équipe de Guy Proudhom a installé son impressionnant dispositif sur la place de la Mairie: un engin de manutention-levage de 160 tonnes doté d’une grue qui une fois déployée atteint 96m de haut et un camion-remorque pour prendre en charge le véhicule une fois sorti de l’eau.

Ce professionnel habitué à récupérer les camions remorques espagnols chargés de marchandises qui descendent souvent à vive allure de la route du Pas de la Case (la fameuse RN20), ratent un virage et finissent leur course en contre bas dans la rivière, a tout de même un peu peiné pour l’extraction de ce véhicule (une petite 206 Peugeot).

Bloqué par des rochers, les plongeurs n’ont pas pu intervenir pour fixer les câbles autour du véhicule. C’est Arnaud Patte responsable de la structure de loisir Water Ploof basée à Sinsat et une équipe de deux kayakistes qui ont pris les choses en main, remontant le courant avec leur frêle embarcation pour fixer câbles et élingues autour de l’aile de la voiture.

«Nous n’avons pas l’habitude de telles interventions, indique Arnaud sur la berge. Nous connaissons bien cette rivière de montagne qui actuellement avec la fonte des neiges a un débit particulièrement important et une température avoisinant les 7°. Impossible pour les plongeurs de travailler dans ces conditions, il n’y a pas suffisamment d’eau pour eux!»

Après avoir bataillé plus d’une heure, Philippe Proudhom installé sur l’île au milieu du lit du cours d’eau a sécurisé les points d’encrages, réalisé des travaux de tronçonnage avant de tirer le véhicule avec le treuil hydraulique de l’engin de levage. C’est avec de sinistres craquements que la voiture a répondu aux sollicitations. Déstabilisée de son promontoire rocheux, elle a pris le fil de l’eau, emportée sur plusieurs mètres par l’intensité du courant.

Il a fallu beaucoup de maitrise à Philippe et son collègue pour la guider sur la rive car à tout moment la carrosserie pouvait lâcher: «Stoppez tout, elle va s’ouvrir en deux!» Les deux équipes du garage communiquaient par téléphone de part et d’autre le bras du cours d’eau.

Nouvelle pause pour sécuriser le véhicule avant de le tirer et le faire passer sur la pointe de ce bout de terre au milieu de l’Ariège. Enfin dernière étape pour la 206 bleue qui compte tenu des contraintes et des obstacles avait perdu quelques accessoires dans la manœuvre, il a fallu la hisser sur la rive opposée.

C’est sous les yeux médusés des quelques spectateurs qui s’étaient agglutinés autour de cet étrange chantier que la voiture a enfin été extraite de l’eau avant d’être évacuée au garage Proudhom de Pamiers.

Laurence Cabrol | 14/05/2014 - 18:59 | Lu: 39988 fois