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Rencontre avec Josette Baïz, chorégraphe métissée
17/03/2010 | 21:43
© MidiNews 2010

Danse africaine, contemporaine, jazz, hip hop, claquettes… dans les créations de la compagnie Grenade (venue tout droit d’Aix en Provence), les styles s’enchevêtrent et fusionnent sur scène de façon étonnante.

Notamment dans leur dernière création «Granada Mix», pièce festive et éclatante, jouée à l’Estive ce mardi.

Ce mariage d’influence remonte en fait à 1989, lorsque Josette Baïz (chorégraphe de la compagnie) entame une résidence dans les quartiers nord de Marseille.

Une expérience qui bouleverse son rapport à la danse.


«Il a fallu que je me remette en cause pour entreprendre une communication avec les enfants, raconte la danseuse, car la danse orientale que les petites filles font de manière éblouissante à 8 ans, moi je n’y comprenais rien.

Les acrobaties des danseurs de Brake Dance, ce n’était pas ma culture, mais je m’y suis mise.

En échange, ils ont découvert la danse contemporaine. C’est comme ça que les choses sont venues»

Depuis, cette expérience a fait son chemin, jusqu’à la création de «Grenade»

A noter que le travail commence très tôt, avec des cours donnés aux enfants et aux adolescents, pour maîtriser ce métissage.

Bien sûr, pour faire le lien entre tout ça, le rôle de la chorégraphe est essentiel, «pour moi c’est un vrai bonheur de pouvoir travailler sur l’espace et sur les différents rythmes de toutes ces cultures»

Elle ajoute: «au départ, on travaille séparément le hip hop, la danse africaine, etc. Et sans faire exprès, toutes les cultures se sont fondues en une seule et même énergie»

Et en général, quand on joue sur le métissage, on trouve toujours un puriste de tel ou tel genre pour crier au scandale: «bizarrement, je n’ai jamais été embêtée sur ça, confie la chorégraphe.

On m’a plutôt critiquée sur le fait qu’une danseuse contemporaine se mette à des choses plus «sociales», parce que le hip hop est socialisé quelque part
»

Entre culture espagnole et comédie musicale américaine, la dernière création de la compagnie incarne ce métissage à travers ses 11 danseurs venus d’horizons différents.

Et le spectacle n’en est qu’à ses débuts.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 17/03/2010 | 21:43 | Lu: 7566 fois