Quand la femme squelette prend vie sur scène, elle nous parle à tous sans exception: de la vie, de la mort, de l’amour.
Et cela grâce à la magie d’un conte inuit*, mais aussi grâce à la présence forte et sans détour de la comédienne Carmen Samayoa, armée de ses multiples facettes: une conteuse à l’âme clownesque, qui danse comme elle respire.
C’est d’ailleurs à partir de la musique qu’elle a bâti son spectacle, où elle est seule sur scène.
Elle confie: «l’histoire m’avait plu, mais je savais qu’il me fallait quelque chose pour faire «une danse des os»
C’est un ami qui m’a aidée avec cette musique marimba de Bahia, de la côte pacifique colombienne. Tout est parti de là»
Et sur fond de percussions, la femme squelette nous embarque…
Répudiée par les hommes de sa famille, elle est jetée d’une falaise. Tombée au fond de la mer, les poissons mangent sa chair.
Jusqu’au moment où elle croise la route d’un pécheur solitaire. Une rencontre qui la fait remonter à la surface.
Et entre les lignes de l’histoire d’une femme qui retrouve sa force, c’est de l’existence même dont il s’agit.
Selon la comédienne, «ça parle beaucoup aux femmes mais pas seulement, car l’histoire parle aussi des relations hommes / femmes, et des notions de vie et de mort qui ne vont pas l’une sans l’autre»
La mort, un thème abordé dans le spectacle par le rire.
Un élément revendiqué par la conteuse, qui explique: «je suis née en Amérique centrale, au Guatemala. Et la première fois que j’ai rencontré une femme inuit, il n’y avait pas de doute, on était cousines.
Il y a un lien, notamment dans le rapport à la mort. Dans le sens où Il faut que quelque chose finisse pour que quelque chose recommence.
Au Guatemala, nous avons des traditions et des cultes forts. On n’est pas du tout dans le tragique, au contraire, on fait des blagues, on rit beaucoup»
Et puis «La Femme Squelette» est avant tout un conte par nature universel, qui ne prend donc pas une ride.
Carmen Samayoa et sa collaboratrice Mélodie Pareau ont d’ailleurs l’intention de continuer à le faire vivre, pour le plus grand bonheur de tous.
*Tiré des «Femmes qui courent avec les loups» de Clarissa Pinkola Estes
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