Et Dieu créa… la voile. C’est un peu cela pour les mordus de parapente de l’Estivol, club historique de la vallée de la Barguillière, qui dès que la météo le permet, se donnent rendez-vous au Prat d’Albis ou à l’étang de Lers pour «taquiner les thermiques»
Au départ, il y a une vingtaine d’années, ils n’étaient qu’une poignée de copains passionnés par le vol à voile, aujourd’hui ils sont près de 90, jeunes ou moins jeunes, à s’adonner à cette pratique encore trop peu connue selon Anne-Sophie Durand de l’Estivol et compétitrice de haut niveau (elle est sélectionnée avec Didier, son époux, pour disputer les championnats de France de parapente qui auront lieu au mois de novembre prochain à la Réunion).
Sur la piste de vol de l’étang de Lers, ils sont une trentaine dès 14h, à déplier leur matériel et prendre leur envol.
«Quand c’est le moment, il ne faut pas attendre, les ascendances peuvent changer à quelques degrés près, il faut y aller !» indiquent les parapentistes qui se sont donné rendez-vous sur la piste de vol en début d’après-midi.
Un parapente est un aéronef dérivé du parachute, composé d'une aile (appelée voile), à laquelle est suspendue la sellette par des suspentes.
Le pilote dispose de deux commandes pour manœuvrer ainsi que d'un dispositif d'accélération utilisable aux pieds (accélérateur) ou à la main (trim), et d'un parachute de secours intégré soit à la sellette, soit en poche ventrale.
Bien que l’aile soit fabriquée en tissu composite résistant et léger, le tout pèse entre 15 et 25 kg.
«Le matériel de compétition est très lourd, précise Anne Sophie, alors que celui de randonnée est plus léger (10-12kg) car il faut grimper avant de voler»
Si 10% à peine des parapentistes sont des femmes, elles sont tout de même bien représentées dans les clubs ou en compétition: «elles appréhendent peut-être mieux les situations, sont plus fines dans les manœuvres, anticipent davantage» argumente Didier, le président du club.
C’est un sport exigeant car on vole à vue et pour cela quelques instruments sont nécessaires: la radio pour être en relation avec les autres pilotes, l’altimètre, le GPS pour valider les balises pendant les compétitions ou encore le vario (ou variomètre) qui permet de savoir si l’on monte ou descend et à quelle vitesse.
En principe le décollage se fait dans la pente, face au vent, le parapentiste place son aile à terre, bien étalée (en forme de corolle) et face à la pente.
Il s'installe dans sa sellette en veillant bien à respecter les vérifications d'usage: points d'accrochages de la sellette, casque, radio, parachute de secours.
«Il faut qu'il y ait un léger vent qui remonte la pente face à lui pour lui faciliter le décollage, on part à la recherche des thermiques, bulles d’air qui se forment au sol et qui en se chauffant s’élèvent dans le ciel avant de se transformer en nuages, explique Anne-Sophie.
On est à la recherche de ces ascendances pour monter […] en fonction des conditions météo, un vol peut durer plusieurs heures quand il y a assez de plafond.
Nous sommes tributaires de la météo et des thermiques. Si bien que l’hiver nous sommes obligés de partir au Maroc, aux Canaries où à la Réunion pour continuer à pratiquer cette activité»
Entraînement pour la compétition, balades, découverte, ce sport nature par excellence est également exigeant en matière de sécurité: «cela reste une pratique à risque mais le matériel a évolué et les mesures de sécurité aussi […] il y a davantage de blessés en VTT qu’en parapente» précise Didier, médecin de son état.
Bien que les accidents soient vraiment marginaux, ils sont toujours impressionnants, aussi Anne-Sophie préfère conseiller à tous les néophytes de passer obligatoirement par une école labellisée Fédération Française de Vol Libre (FFVL) et pour les pilotes faire régulièrement des stages d’encadrement ou des cross «qui apprennent beaucoup en aérologie, météo, positionnement par rapport au relief»
Côté ambiance, c’est la décontraction assurée.
Pour autant, tous les pratiquants sont très concentrés en installant leur matériel, ils veillent à bien respecter les vérifications d'usage, une check-list comme en aviation avant de prendre le vent et de décoller.
Une fois installé sur sa sellette, le vol à proprement dit peut commencer.
Le vario par son bip indique que l’on prend de la hauteur mais attention aux autres, il faut rester vigilant car l’espace aérien est règlementé, il y a des règles de priorité y compris pour les aéronefs: le dépassement doit toujours se faire par la droite, le sens de rotation dans le thermique est décidé par le premier planeur à y rentrer… là encore des règles que l’on apprend au cours des formations.
Mais une fois dans le ciel, à plus de 200 mètres au-dessus de l’étang de Lers, survolant les vallées du Massatois, le Mt Ceins, c’est un moment magique…
Quant à l’atterrissage il se fait aussi tranquillement que le décollage… dans un champ.
Un vol très doux et une pratique très agréable à conseiller à tous les amoureux de nature.
Pour en savoir plus: www.lestivol.fr et fédération française de vol libre: http://federation.ffvl.fr.
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