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Pastoralies 2010 sous le signe de l'économie montagnarde
06/08/2010 | 19:30
© MidiNews 2010

Qualifiée par les organisateurs de grande  «fête de la montagne vivante», les Pastoralies ont cette année encore répondu à toutes les attentes des visiteurs: troupeaux et éleveurs, marchés fermiers et producteurs locaux,  folklore et tradition notamment avec la fanfare Transpyrénéenne… le tout servi sur un plateau et pas n’importe lequel, celui de Beille à 1800m d’altitude, un merveilleux écrin dans les Vallées d’Ax.

Parmi les sujets abordés sur les stands cette année, en filigrane ou de manière plus précise, l’économie montagnarde.

On sait que le tourisme prend une place de plus en plus prépondérante dans l’économie du département de l’Ariège connu et reconnu pour sa nature intacte et ses sommets, constituant été ou hiver, une offre de loisirs sportifs variés.

Cette nouvelle économie touristique doit cependant tenir compte de nombreux paramètres, tels que les contraintes environnementales, la protection de la biodiversité, les contraintes climatiques et des terrains mais aussi les besoins de l’agriculture notamment de l’élevage et du pastoralisme qui sont également acteurs de l’économie montagnarde.

Richard Danis, président du comité départemental de randonnée pédestre témoigne sur son stand de l’importance de ce loisir sur l’économie du département.

«Sur le chemin des Bonshommes on évalue les retombées à plus de 300 000 euros par an en comptant toute l’économie induite (l’hébergement, la restauration, etc…)

La randonnée a pris un essor important depuis les dernières années car c’est une activité qui ne nécessite pas de grands moyens financiers, il suffit d’avoir une bonne paire de chaussures de marche, un sac à dos et un topo-guide…

De plus à pied c’est la vitesse idéale pour découvrir les paysages !
»

La station de Beille accueille cette année les Pastoralies au pied des pistes mais en hiver cet espace nordique est un des plus vastes des Pyrénées.

Philippe Jugie, directeur de cette structure connait bien les problématiques du tourisme de montagne, il a su faire évoluer depuis 20 ans la fréquentation touristique du site avec le développement durable (qualification AFAQ IS0 14001) ou la biodiversité (on y observe grand tétras et  lagopède)

«L’économie montagnarde possède plusieurs point d’appui, l’économie touristique et l’économie pastorale car s’il n’y avait  pas les éleveurs l’été on ne pourrait pas pratiquer les loisirs l’hiver.

Il faut défendre cette globalité car quand on vit bien sur un territoire au quotidien on est heureux d’y accueillir des touristes et ici en Ariège cadre de vie rime avec qualité de vie
»

L’importance du pastoralisme n’est donc plus à prouver, les éleveurs contribuent à l’entretien des paysages et ils travaillent désormais à la valorisation de leurs produits, notamment à travers des labels (production de fromages, de viande d’agneau ou de bœuf).

Ainsi sur le stand de la chambre d’agriculture de l’Ariège avait lieu la présentation de l’OTRAC, un programme européen de coopération transfrontalière pour la race gasconne permettant aux partenaires français et espagnols de travailler jusqu’en 2011 en faveur de la race bovine à viande gasconne (programme européen soutenu par des fonds Interreg et Poctefa).

Une initiative particulièrement intéressante pour les partenaires de part et d’autre des Pyrénées.

«Depuis 1990 les génisses espagnoles ont traversé les Pyrénées, aujourd’hui nous avons besoin d’harmoniser les schémas de sélection et passer à la vitesse supérieure en organisant le contrôle de performance, les stations et la communication sur les différents types de produits issus de la race gasconne» explique Hervé Péloffi, élu à la Chambre d’Agriculture de l’Ariège.

A l’heure où les visiteurs s’apprêtaient à passer à table pour le grand repas ariégeois (plus de 700 ont été servis) les politiques parmi lesquels Frédérique Massat députée de l’Ariège, Augustin Bonrepaux, président du Conseil général, Christian Loubet, président de la communauté de communes des Vallées d’Ax ont pris la parole aux côtés des responsables de l’ASPAP (association de sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées).

On a bien entendu évoqué le sujet des réintroductions de plantigrades -momentanément stoppées- on a commenté le discours de Chantal Jouanneau lors de son passage à Toulouse.

Pour Augustin Bonrepaux il s’agit là d’une «trêve conjoncturelle ….mais attention, en 2013 si les choses continuent, il faudra reprendre la bataille»

Le président Bonrepaux a également indiqué en ce 25e anniversaire de la promulgation de la loi montagne  que «ce que nous faisons aujourd’hui n’est que la suite de ce que nos ancêtres ont déjà fait …

Le classement en zone montagne nous aide à entretenir les pâturages, les cabanes grâce aux financements publics… mais la réduction des crédits et la faillite annoncée de l’Etat privera le pastoralisme de ce soutien… Ce patrimoine nous appartient et nous voulons le transmettre à nos enfants
»

Toute la journée les visiteurs ont pu participer aux randonnées thématiques, aux démonstrations de troupeaux, rencontrer les associations qui font vivre la montagne et échanger avec les producteurs locaux.

Le soleil était cette année au rendez-vous pour cette première journée de festivités. Car demain samedi (et toujours avec le soleil) les Pastoralies se poursuivent sur le plateau de Beille.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/08/2010 | 19:30 | Lu: 15404 fois