Au cœur de l’été si vous n’êtes pas encore fixés sur votre destination vacances, n’hésitez plus, choisissez les Pyrénées!
Le meilleur moyen de découvrir le massif «c’est d’aller à pied» comme disait Rousseau, une mise en jambe de 420 kilomètres, des plages d’Hendaye aux rivages de la Méditerranée, en passant bien entendu par le département de l’Ariège réputé pour ses activités de montagne et ses loisirs de pleine nature, ses grands sites historiques et ses festivals et son bien vivre (http://www.ariegepyrenees.com)
Les Pyrénées, au-delà du massif, c’est une aire d’influence qui se partage en trois Etats (la France, l’Espagne, l’Andorre) où pas moins de 17,7 millions d’habitants (environ 3,6% de la population européenne) parlent sept langues différentes (sans compter les patois et autres dialectes des différentes vallées).
Cette montagne constitue un habitat très ancien comme le prouve l’Homme de Tautavel (66) dont l’existence remonte à près de 450 000 ans avant notre ère ou encore la sublime grotte ornée de Niaux (09) qui abritait les Magdaléniens entre 15 000 et 10 000 ans av. J-C.
Trois grandes voies permettent la traversée de la chaîne dont deux sentiers de grande randonnée: le GR10 côté français et son homologue espagnol le GR11 (ou la Senda).
Les plus audacieux préfèreront la Haute Route des Pyrénées (la célèbre HRP) qui flirte avec les plus hauts sommets et les plus méditatifs choisiront certainement le célèbre chemin de Saint Jacques de Compostelle. A chacun son itinérance.
Les Pyrénées, montagnes de la liberté:
Ici le poids de l’histoire est omniprésent: à quelques mètres de la plage d’Hendaye sur l’Ile des Faisans (ou ile de la Conférence), propriété conjointe de la France et de l’Espagne, un monument commémoratif rappelle que c’est ici que s’est tenu la conférence négociant la paix entre les deux pays et que fut signé le Traité des Pyrénées le 7 novembre 1659.
Il mettait fin à plus de vingt ans de guerre entre français et espagnol et préparait le mariage de Louis XIV avec l’Infante Marie Thérèse d’Autriche, fille de Philippe IV d’Espagne qui fut célébré à Saint Jean de Luz le 9 juin 1660.
Ce n’est qu’en 1856 avec le traité de Bayonne que le bornage de la frontière (à l’aide de 602 bornes) prendra son aspect effectif.
Car au-delà de la délimitation de la frontière (qui selon les époques peut fluctuer sur plusieurs kilomètres ) ce traité est important dans la mesure où il règle les usages en matière de pâturage: on parle de traité de lies (alliances) et passeries (paix) toujours en vigueur aujourd’hui au service d’un pastoralisme actif dans des montagnes qui comptent près de 5200 éleveurs et plus de 550 000 hectares d’estives qui se jouent bien des frontières politiques!
Le poids de l’histoire mais aussi celui de la tragédie comme à Montségur (09), où les ruines du château cathare nous rappelle qu’au fil des siècles les Pyrénées ont toujours joué leur rôle de terre refuge.
En effet cette chaine de montagnes n’a jamais constitué de barrières infranchissables, pendant longtemps elle fut l’objet d’échanges (idées, commerce, religion à travers une dévotion commune), de contrebande ou de rapprochements lors de mariages transfrontaliers mais c’est surtout au moment de la seconde Guerre Mondiale et pendant la guerre civile espagnole que la frontière joua un rôle prépondérant.
En effet en quinze jours, entre janvier et févier 1939, malgré la neige et le froid, entre 470 000 et 530 000 Espagnols poursuivis par les troupes franquistes passèrent en France.
Quelques années plus tard mais dans l’autre sens, ces mêmes Pyrénées devinrent les «Montagnes de la Liberté» pour ceux qui tentaient d’échapper aux nazis.
Aujourd’hui l’espace Pyrénéen travaille de manière concertée grâce notamment à l’action de la communauté de travail des Pyrénées (CTP).
Crée en 1983, c’est véritablement en 2007 qu’elle devient un interlocuteur à part entière de l’Union Européenne qui lui confie la gestion du programme de coopération POCTEFA (une première en Europe pour une institution transfrontalière puisque ce programme est doté sur la période 2007-2013 de 168 millions d’euros).
La CTP regroupe trois régions françaises (Aquitaine, Midi Pyrénées et Languedoc Roussillon), quatre autonomies espagnoles (Catalogne, Aragon, Navarre et Pays Basque) ainsi que la Principauté d’Andorre.
Depuis octobre 2010 et pour deux ans, Martin Malvy, président de la région Midi Pyrénées en assure la présidence.
Les Pyrénées terre d’excellence et nature sauvegardée
C’est au cours de la traversée des Pyrénées que l’on peut appréhender ses incomparables richesses naturelles, du gouffre de la Pierre Saint Martin (la plus grande salle souterraine d’Europe) en passant par le cirque de Gavarnie (classé au Patrimoine de l’Unesco) jusqu’aux orgues de l’Ille sur Têt.
Sans compter, entre Hautes Pyrénées et Catalogne, ses 127 pics qui dépassent les 3000 mètres comme le Montcalm, «le toit de l’Ariège» réputé pour son célèbre marathon («le challenge des 3000») qui chaque années depuis plus de vingt ans attire des centaines de participants internationaux.
Parmi les personnalités qui ont marqué l’histoire contemporaine de la chaine, outre le toulousain Henri Russell qui effectua en 1868 la première grande ascension hivernale du Vignemale, l’ariégeois Aristide Bergès, inventeur de la «houille blanche» est passé dans la postérité car grâce à lui dès la fin du XIXe siècle on commence à produire de l’électricité à partir de l’énergie fournie par les chutes d’eau.
La construction de barrages va bouleverser l’économie des vallées, apportant revenus considérables aux exploitants, travail à la main d’œuvre locale mais aussi à de nombreux saisonniers venus d’Italie ou d’Espagne.
Les Pyrénées, berceau de prouesses technologiques, verra poser en 1878 la première pierre de l’Observatoire du Pic du Midi (aujourd’hui plus de 100 000 visiteurs par an viennent y observer les étoiles) et inaugurée en 1983 la centrale solaire Themis à Targassonne (66).
Un des premiers vecteurs du développement touristique des Pyrénées fut au XIXe siècle le thermalisme, qui influença l’architecture des villes telles que Bagnères de Luchon, Cauterets ou Ax les Thermes pour accueillir le premier tourisme de masse.
Chateaubriand, Alfred de Vigny, Victor Hugo qui publia son «Voyages vers les Pyrénées» furent à l’origine du mythe romantique des Pyrénées.
Le thermalisme médical toujours présent cohabite désormais avec le thermoludisme, un produit d’appel adapté aux nouvelles attentes des visiteurs et les bains du Couloubret à Ax les Thermes (09) sont un exemple réussi de cette nouvelle déclinaison de l’activité thermale adaptée aux loisirs.
Les Pyrénées c’est aussi le Tour de France qui depuis 1910 s’attaque aux cols de la chaine avec une première édition «homérique» qui lors de l’étape Luchon-Bayonne (325km) avec les cols du Tourmalet, l’Aubisque et l’Aspin, vit Octave Lapize, futur vainqueur de la grande boucle de l’été 1910 lancer aux organisateurs: «Vous êtes des assassins !»
Depuis les Cols Pyrénéens sont désormais les grands classiques de cette épreuve et certaines étapes ariégeoises, comme cette année celle entre le Portet d’Aspet jusqu’à la montée du Plateau de Beille, assurent un spectacle extraordinaire entre grimpeurs.
Enfin la première décennie du XXe siècle a vu naître les premières stations de ski des Pyrénées à Font-Romeu puis en 1912 Luchon inaugure son petit train à crémaillère qui monte à Superbagnères.
Il s’agit là de la première remontée mécanique des Pyrénées.
Aujourd’hui on compte pas moins de 38 stations françaises et 17 sur le versant sud de la chaîne.
La confédération du tourisme créée en 1918, est la seule association en France qui fédère les principaux partenaires de l’économie touristique de l’ensemble des trois régions françaises.
Crée en 1967, le Parc National des Pyrénées, troisième du genre en France, s’étend sur 45 700 ha répartis sur les départements des Hautes Pyrénées et des Pyrénées Atlantiques.
Avec 1,5 millions de visiteurs par an c’est le site le plus visité des Pyrénées après le sanctuaire de Lourdes qui accueille plus de 5 millions de visiteurs.
Depuis 1998, le PNP mène une politique de coopération avec son homologue du versant sud, le parc national d’Ordesa Mont Perdu, crée en 1918.
Par ailleurs, deux parcs naturels régionaux, celui des Pyrénées catalanes et celui des Pyrénées ariégeoises ont vu le jour en 2009, apportant leur contribution à la préservation de cette nature pyrénéenne et de son patrimoine vernaculaire, permettant ainsi d’en faire des vecteurs de l’économie touristique.
Enfin que dire de ces joyaux de l’art de l’architecture et du savoir-faire humain qui scandent la chaine des Pyrénées de part et d’autre la frontière: grottes préhistoriques, cités médiévales, châteaux cathares, chapelles romanes...
Ce sont autant de supplément d’âme à la richesse de ce patrimoine Pyrénéen que l’on vous invite à découvrir.
Pour en savoir plus sur les animations de l’Année des Pyrénées: www.pyrineo.eu et Confédération Pyrénéenne du Tourisme: www.lespyrenees.net
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